Age de la retraite : la limite à 62 ans n’est pas remise en cause, mais …

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gès Buzyn a dû confirmer qu'aucun report de l'âge légal de la retraite n'était envisagé.
Agnès Buzyn a déclaré qu'elle n'était pas opposée à un recul possible de l'âge de la retraite.

Age de la retraite : un risque de polémique

L’âge du départ à la retraite est un sujet sensible. Dimanche dernier, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités, l’a abordé. Lors d’un entretien, madame la ministre a envisagé la possibilité d’un « […] futur allongement de la durée du travail ». Sa déclaration a rapidement soulevé une polémique. Notamment, en faisant vivement réagir les syndicats. Au point qu’Agnès Buzyn a dû ensuite se justifier, face aux députés.

Une mise au point

Ce mardi, Agnès Buzyn a souhaité revenir sur sa récente déclaration, en faveur de « l’allongement de la durée du travail ». Pour clarifier ses propos, elle a précisé : « Aucune modification de l’âge minimal de départ à la retraite n’est envisagée […]. Ainsi, la ministre a tenté d’apaiser certaines inquiétudes. Elle a ajouté qu’elle espérait « […] créer un système universel plus lisible, plus équitable et plus juste. » Pour cela, madame Buzyn veut que ce dispositif « […] donne pour un même euro cotisé les mêmes droits à chacun. » Rappelons qu’un projet de loi sur les retraites est attendu le 26 mai. Par ailleurs, Emmanuel Macron avait assuré qu’il ne modifierait pas l’âge légal de la retraite lors de sa campagne.

Une incitation à travailler ?

Théoriquement, l'exécutif n'envisage pas de modifier l'âge légal du départ à la retraite.
Le Gouvernement assure qu’il ne modifiera pas l’âge légal du départ à la retraite.

En s’exprimant ainsi, « à titre personnel », Agnès Buzyn a fait écho aux préoccupations de Jean-Paul Delevoye, haut commissaire à la réforme des retraites. Lui aussi étudie l’éventualité de travailler après 62 ans. A ce titre, Agnès Buzyn a affirmé : « Nous devons également permettre à […] ceux qui le souhaitent de pouvoir continuer à travailler après l’âge minimal de départ à la retraite […] » Elle a justifiée ses propos en se basant sur l’allongement global de la durée de vie.

Une vive réaction des syndicats

De son côté, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a réagi en déclarant que la ministre était « […] complètement en dehors des réalités du monde du travail pour pouvoir dire des sottises – et je suis poli – comme ça. » En accord avec lui, Pascale Coton, secrétaire générale de la CFTC, a renchéri. Elle a qualifié la déclaration d’Agnès Buzyn de « […] très malvenue dans le contexte social compliqué en France ». A l’inverse, Gérald Darmanin a considéré que la proposition d’Agnès Buzyn était « courageuse » et qu’elle méritait d’être « étudiée ». Comme on le voit, les réactions très contrastées qu’a engendré la déclaration d’Agnès Buzyn démontre que le sujet délicat des retraites n’a pas fini d’alimenter les débats.