Agriculture biologique : plus rentable qu’on ne le pense

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Agriculture biologique : un rendement proche de l’agriculture classique.

L’agriculture biologique, généralement considérée aujourd’hui comme moins productive que l’agriculture traditionnelle, se révèle, selon des études agronomiques récentes, capable de produire plus qu’on ne le croyait.

agriculture-biologique-rentableL’agriculture bio pourrait nourrir 9 milliards d’habitants en 2050. C’est ce qu’affirment deux agronomes, John Reganold et Jonathan Watcher, dans la revue scientifique Nature Plants. Leur conclusion s’appuie sur des essais qui montrent que l’écart de rendement entre la production biologique et l’agriculture classique pourrait n’être que de 9 %, dès lors que l’on pratique la polyculture. Cette affirmation en faveur de la méthode biologique est renforcée par une autre analyse, publiée en novembre dernier dans la revue Nature Communications, qui explique que la production agricole pourrait devenir intégralement biologique d’ici 2050, si l’on modifiait nos habitudes alimentaires en mangeant moins de viande. Idéalement, il faudrait faire passer la part de protéines d’origine animale consommées de 38 à 11 %.

D’après les travaux de plusieurs scientifiques, l’écart de rendement actuel entre l’agriculture conventionnelle et biologique pourrait aisément être réduit. Il suffirait pour cela que des investissements plus importants soient alloués à la recherche agro-écologique, ce qui permettrait alors d’optimiser énormément la productivité de l’agriculture bio, et même de dépasser celle de la cultures classique. En dehors d’un progrès quantitatif possible, les bénéfices de la généralisation de l’agriculture biologique touchent directement l’environnement. Une récente étude suisse faite par des chercheurs du Research Institute of Organic Agriculture (FIBL) conclue qu’une conversion totale aux méthodes biologiques conduit forcément à un usage plus réduit de l’azote et des pesticides. La seule contrainte engendrée par cette approche est qu’elle nécessite une surface de terres plus grande que l’agriculture conventionnelle. C’est donc essentiellement une question de choix.