Annonces d'Edouard Philippe : une forte déception des syndicats

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Les annonces d'Edouard Philippe n'ont finalement pas convaincu.

Annonces d‘Edouard Philippe : elles provoquent des appels à renforcer la grève

Très attendues, les annonces d‘Edouard Philippe concernant la réforme des retraites ont finalement déçu les partenaires sociaux. Plus particulièrement la CFDT. Pourtant, lors de son intervention, le Premier ministre a pris la précaution de mettre les formes. Mais beaucoup n’ont vu là que des figures de rhétorique.

Un calendrier précis

Pour l’essentiel, les annonces d‘Edouard Philippe ont confirmé devant le Conseil Economique, Social et Environnemental la mise en place d’un système de calculs de la retraite par points. Par ailleurs, elles ont gardé le cap d’une suppression des régimes spéciaux. La prise de parole du Premier ministre a duré environ une heure. Celle-ci devait dissiper le flou qui entourait le projet de réforme des retraites. S’appuyant sur des améliorations prioritaires, notamment celles de la situation des femmes et des très petites pensions, le Premier ministre n’a néanmoins que partiellement convaincu. Dans sa conclusion, il a expliqué que le projet de loi concernant la réforme des retraites sera présenté en Conseil des ministres le 22 janvier prochain. Ensuite, ce projet devrait être discuté au Parlement fin février.

Réforme des retraites : validation d’un système de calculs par points

En détaillant point par point les futures évolutions de la réforme des retraites, le Premier ministre a confirmé la prochaine mise en place d’un système universel de retraites par points. Par conséquent, selon les annonces d‘Edouard Philippe, les calculs à venir ne devraient plus se baser sur un système de trimestres acquis. De façon concrète, chaque heure travaillée va permettre d’acquérir des points. Afin d’apaiser les craintes des partenaires sociaux sur cette nouvelle logique, Edouard Philippe a affirmé que ça sera à eux de fixer la valeur du point. Cela, « Sous le contrôle du Parlement ».

Une garantie supplémentaire

De plus, le Premier ministre a ajouté que la loi sera prévue « […] pour que la valeur du point acquis ne puisse pas baisser ». Pour cela, son indexation ne sera pas calculée sur « […] les prix mais sur les salaires, qui dans notre pays augmentent plus vite. » Enfin, au sujet de la suppression des 42 régimes spéciaux, Edouard Philippe a précisé qu’elle se fera «progressivement », et « sans brutalité, avec respect, calme et détermination ».

Une mesure à caractère « social » 

tirelire menacée, c'est le sentiment qui domine pour la réforme des retraites et les annonces d'Edouard Philippe
Malgré les annonces d’Edouard Philippe, les syndicats restent déterminés à faire grève.

L’un des temps forts des annonces d‘Edouard Philippe a été la prochaine mise en place d’une retraite minimum à 1.000 € nets par mois. Celle-ci sera versée à toute personne pouvant justifier d’une carrière « complète au SMIC ». Cependant, Edouard Philippe n’a pas spécifié de date précise concernant cette retraite minimum. Il a juste indiqué que cette pension sera « garantie par la loi à 85 % du SMIC, dans la durée, et évoluera comme celui-ci. »

Au coeur des annonces d’Edouard Philippe, le maintien de l’âge légal de départ à 62 ans

Les annonces d’Edouard Philippe ont confirmé que l’âge de départ légal restera bien fixé à 62 ans. Tout en précisant qu’un âge pivot, prévu à 64 ans, dit « âge d’équilibre de départ », serait aussi instauré. Cela, à partir de 2027. Cette limite s’accompagnera d’un système de « bonus-malus », lui aussi fixé par les partenaires sociaux. Ainsi, l’ambiguïté concernant le soi-disant maintien d’un âge de départ bas persiste. En effet, le malus appliqué aux travailleurs qui choisiront de partir avant 64 ans risque fort d’être très dissuasif. Donc, cela devrait inciter les Français à travailler plus longtemps.

De forts risques de grève

Malgré les efforts consentis par l’exécutif, la réaction des syndicats, suite aux annonces d’Edouard Philippe, a globalement été très négative. Surtout de la part de la CFDT. Alors que ce syndicat est généralement prêt à négocier avec le Gouvernement. De fait, les garanties avancées lors de cette intervention ont été globalement jugées insuffisantes. Par conséquent, les risques que le mouvement de grève actuel persiste sont loins d’être dissipés. Ce, malgré la période des fêtes de Noël.