Bilan des Européennes : vers un nouveau logiciel politique

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Les décisions européennes pourrraient prendre un nouveau virage.
Les dernières élections européennes pourraient engendrer des changements concrets à Strasbourg.

Résultat des élections : un hémicycle transformé

Le bilan de Européennes a révélé plusieurs surprises. En effet, les 28 élections pour les 751 sièges à pourvoir ont contredit de nombreux pronostics. Ainsi, la participation, nettement plus forte que prévu, a été historique. De plus, les deux partis conservateurs sociaux-démocrates ont perdu leur majorité absolue. Cela ne s’était pas produit depuis 40 ans.

Une participation inattendue

En atteignant une moyenne d’environ 51 %, la participation à ces élections, sans compter celle du Royaume-Uni, a atteint les plus hauts records enregistrés depuis 1994. Par conséquent, dans l’Union européenne, un citoyen sur deux s’est exprimé. De plus, au sein de toute l’Europe, les partis populistes ont gagné du terrain. Principalement en France, en Italie, au Royaume-Uni et en Pologne. Grâce à leurs partisans, les formations de Marine Le Pen, de Nigel Farage et de Jaroslaw Kaczynski totalisent désormais 171 sièges. En cinq ans, la progression d’une vingtaine de sièges de ces courants eurosceptiques a fait d’eux la deuxième force politique présente dans l’hémicycle. Ce sont les faits marquants du bilan des Européennes.

Synergie des partis populistes

Maintenant que les formations populistes ont confirmé leur progression, elles vont devoir montrer qu’elles sont capables d’une synergie commune. Mais d’abord, elles devront parvenir à s’accorder. De plus, même avec le cumul de leurs sièges, elles ne constituent toujours pas une majorité dans l’hémicycle de Strasbourg. Cependant, elles vont incarner une force réelle, capable de bloquer de nombreuses décisions. Toutefois, au vu de leurs différences marquées, leur solidarité reste à prouver.

Une forte poussée des Verts

Le visage du Parlement européen a changé.
Les derniers votes européens ont fait apparaître de nouvelles tendances politiques.

Les craintes suscitées par les risques climatiques ont nettement stimulé les votes écologistes. Ainsi, en Allemagne, les Verts ont obtenu 20 % de voix en leur faveur. En France, ce pourcentage a été de 13 %. Au total, cette poussée permet dorénavant à cette tendance d’occuper 69 sièges, soit 19 de plus qu’en 2014.

Des cartes redistribuées

Pour la première fois, la forte émergence de l’écologie va donner une chance à la tendance Verte de s’exprimer. De fait, celle-ci pourra à l’avenir peser plus lourd sur les décisions qui seront prises à Strasbourg. Mais la poussée nationaliste aura aussi son mot à dire. On pourra observer ce que donne le bilan des Européennes, avec sa nouvelle répartition politique, lors de la première cession du Parlement. Elle aura lieu dès le 2 juillet prochain.