Boris Johnson : la probabilité d’un Brexit « dur » se renforce

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Boris Johnson : la fin de l’espoir ?

Désormais Premier ministre, Boris Johnson a promis que le divorce du Brexit devrait être consommé au plus tard le 31 octobre prochain. Or, la perspective d’une sortie sans accord du Royaume-Uni de l’Union Européenne aurait évidemment des conséquences majeures pour la France.

Scénario catastrophe : quelles probabilités ?

Qualifié de « grande opportunité » par Boris Johnson, le Brexit va maintenant beaucoup dépendre de ses choix. Cependant, de nombreux experts économiques prédisent des conséquences très négatives pour l’économie britannique, en cas de réelle fracture, sans négociations. Les pertes pourraient alors se chiffrer en plusieurs milliards d’euros. En France, les conséquences pourraient également être importantes, voire désastreuses. Notamment pour les pêcheurs français. En effet, il faut rappeler qu’ils effectuent aujourd’hui près de 60 % de leur pêche dans les eaux britanniques. Si un « No deal » se confirmait, ils ne pourraient alors plus y travailler. Cependant, avant d’envisager un tel scénario, Boris Johnson, après réflexion, pourrait adoucir sa décision, en raison des perspectives trop alarmantes pour son pays. De fait, sans aucun accord, la dette du Royaume-Uni a de fortes probabilités d’exploser. Avec à la clé un début de récession, qui pourrait l’impacter dès la fin de cette année.

Une porte toujours ouverte

En cas de "No Deal",  des conséquences économiques négatives du Brexit en Europe seront vite palpables.
En cas de “No Deal”, des conséquences économiques négatives du Brexit en Europe seront vite palpables.

Malgré la détermination affichée par Boris Johnson, suite à son accès au pouvoir, l’organisation d’un second référendum sur le Brexit reste encore possible. Même si cette éventualité reste faible. En effet, une décision de statu quo demeure envisageable, malgré la nomination de Boris Johnson. En tous cas, dans une interview du 20 juillet donnée dans Le Monde, la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, n’a fermé aucune porte. Au contraire, elle a déclaré « […] s’il y a de bonnes raisons de la part de nos amis britanniques pour un report, je suis prête à les entendre. » La politique de la présidente allemande reste donc conforme à celle de la chancelière Angela Merkel. On se rappelle que celle-ci s’était efforcée d’empêcher toute sortie brutale du Royaume-Uni de l’Europe. Par conséquent, un énième report du Brexit reste envisageable. Ne serait-ce qu’à cause de l’importance des intérêts allemands, fortement liés à ceux du commerce britannique.

Des incertitudes toujours en cours

Pour l’Allemagne, les retombées économiques d’un « No deal » seraient nettement néfastes. Plus que pour tout autre État membre de l’Union européenne. D’ailleurs, au-delà de la crise politique du Brexit, qui continue de diviser le Royaume-Uni, ce conflit latent oblige aussi à s’interroger sur la domination exercée par l’Allemagne sur les décisions prises au sein de l’Union. De fait, cette suprématie pèse toujours sur les autres Etats. Or, ce déséquilibre n’est pas prêt de s’estomper. Aujourd’hui, alors que les parlementaires britanniques sont partis en congé ce 25 juillet, jusqu’au 3 septembre, les incertitudes liées au Brexit demeurent intactes. Cela, malgré la toute nouvelle nomination de Boris Johnson. D’ailleurs, en Angleterre, ce vote, même majoritaire, n’a pas apaisé toutes les tensions politiques. Loin s’en faut.