Brexit : des perspectives à surveiller

Avion d'Air France sur un tarmac

L’activité de nombreux aéroports français est en partie conditionnée par les flux importants de passagers venant du Royaume-Uni qu’ils accueillent. Par conséquent, les futures contraintes liées au Brexit pourraient entraîner des retombées négatives pour leur rentabilité. Cette perspective menaçante a été récemment signalée par l’Union des Aéroports Français. En effet, la date décisive du 29 mars 2019 se rapproche à grands pas. Elle pourrait générer une cascade de mauvaises nouvelles pour le trafic aérien français. Notamment, moins de voyageurs britanniques venant en France, des billets plus chers, et des coûts de sécurité en forte hausse.

Des prévisions inquiétantes

Dernièrement,Thomas Juin, le président de l’Union des Aéroports Français (UAF), a alerté le Gouvernement sur les conséquences potentiellement néfastes d’un Brexit « dur ». En effet, si elle se confirmait, cette sortie de l’Angleterre de l’Union Européenne pourrait faire beaucoup souffrir les aéroports français. Leur dépendance économique par rapport aux voyageurs britanniques est évidente. Par conséquent, ce secteur doit envisager les retombées possibles d’un fort ralentissement causé par le Brexit. Actuellement, après de vifs débats et des négociations incertaines entre la Grande-Bretagne et l’Union Européenne, toutes les hypothèses restent encore possibles. Mais si aucun accord n’est trouvé, cela risque d’avoir des conséquences majeures sur le trafic aéronautique français. Notamment en matière de sécurité. Celle-ci pourrait devenir beaucoup plus coûteuse, si les contrôles obligatoires se renforçaient.

Une dépendance non-négligeable

Avion sur une piste d'atterrissage

Le Brexit pourrait faire courir des risques aux aéroports français

Actuellement, le trafic britannique représente en France environ 13,5 millions de passagers. En pourcentage, cela constitue près de 7 % du trafic global, qui transite par les aéroports français. Bien sûr, pour l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle, la proportion de voyageurs anglais ne s’élève qu’à 6%. Les conséquences peuvent donc sembler faibles. Cependant, on doit tenir compte du fait que certaines destinations dépendent presque totalement du marché anglais. C’est le cas de villes comme Limoges, concernée à 90 %  par ce trafic, ou de Bergerac, qui accueille à 80 % cette clientèle. Pour l’aéroport de Grenoble, les voyageurs britanniques représentent aussi 77 % de son activité.

Des risques encore plus handicapants

Outre la raréfaction possible des voyageurs anglais, des risques d’arrêts des partenariats aériens entre la France et le Royaume-Uni sont aussi envisageables. Surtout dans le cas d’un « No deal », l’hypothèse la plus défavorable du Brexit. Si ce scénario survenait, les compagnies britanniques pourraient alors perdre leurs droits de travailler librement dans le ciel de l’Union Européenne. Dans cette situation, un nombre important d’aéroports français perdraient forcément de nombreuses connexions. Par conséquent, les  négociations autour du Brexit méritent toute notre attention.

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