Bruits ruraux : une nouvelle tendance, celle d’interdire la Nature

0
3786
Cropped Les Bruits Ruraux Pourtant Ine Vitables Dans La Nature Engendrent De Nombreuses Plaintes

Bruits ruraux : une vague de conflits préoccupante

De plus en plus souvent, les bruits ruraux deviennent une source de tensions dans les campagnes françaises. Ainsi, les chants des coqs et des cigales, les déjections d’abeilles, ou les sons des cloches, alimentent de nouveaux conflits. Souvent, ceux-ci sont causés par d’anciens citadins ou des vacanciers très irritables.

Des plaintes qui se multiplient

Désormais, les plaintes causées par des bruits ruraux concernent tout et n’importe quoi. Ainsi, elles s’étendent maintenant aux cloches, qui sonnent beaucoup trop fort. Ou aux bruits causés par les moissonneuses-batteuses. Ou encore aux travaux agricoles, réalisés trop tard pour certaines oreilles, alors que les agriculteurs n’ont pas le choix. Evidemment, ces incidents de voisinage n’épargnent pas les animaux. Par exemple, sur l’île d’Oléron, où le coq Momo, rendu célèbre, osait chanter trop fort. Au point que certaines personnes à l’ouïe délicate ont envisagé de lui faire couper les cordes vocales. Dans le Pas-de-Calais, un couple de grenouilles, pensionnaires d’un couple, a causé une profonde irritation à cause de ses coassements. Enfin, en Dordogne, le chant des cigales a provoqué une demande d’éradication de ces insectes, pour cause de gêne sonore persistante.

Un projet de proposition de loi

Désormais, les bruits ruraux que font les animaux engendrent de nombreux conflits.
Les bruits ruraux provoquent de nouveaux types de conflits qui pourraient aisément être évités.

Dans certains cas, ces conflits peuvent aller jusqu’à entraîner l’intervention d’un tribunal. Le plus gênant, outre le manque de tolérance que ces procédures révèlent, est leur multiplication grandissante au cours des dernières semaines. Aujourd’hui, cette allergie aux bruits ruraux s’est tellement développée qu’un député Les Républicains, Pierre Morel-A-L’Huissier, a décidé de déposer une proposition de loi à leur sujet. Ainsi, à la rentrée, il souhaite que chaque département puisse protéger son patrimoine de « sons et odeurs de la campagne ». De ce fait, un juge pourra ensuite s’en servir pour qu’un agriculteur ou un éleveur puisse se défendre, en cas de plainte. Par exemple, contre l’un de ses animaux. De cette manière, cette loi constituera une sorte de version modeste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

Des attentes irréalistes

Très souvent, quand des citadins quittent la ville, c’est pour accéder à une vie plus silencieuse. Mais s’attendre à trouver à la campagne un quotidien absolument sans aucun bruit est totalement irréaliste. Cet espoir indique le plus souvent une méconnaissance profonde de la campagne, et l’ignorance de ses codes. En clair, vivre à la campagne se mérite. Car cela engendre aussi des contraintes, au niveau des bruits ruraux. Or, quand on les aime vraiment, on les accepte. De plus, recourir systématiquement à la loi en cas de problèmes de voisinage n’est pas une bonne solution. En effet, certains cas soulevés, comme celui de déjections d’abeilles qui avaient « sali » des meubles de jardin, ne sont simplement pas prévus par le Code pénal.

Le Bulletin des Communes suggère aussi de lire l’article du Midi Libre :