Les Fake News, une arme de désinformation massive

Les Fake News sont une arme de désinformation massive

Les Fake News une arme de désinformation massive

Véritable fléau de ce 21ème siècle, les Fake News, autrement dit les « fausses information », se multiplie partout sur Internet et provoque de nombreux désagréments partout dans le monde.

« les fake news », selon la proposition de loi française, se définit par : Toute allégation ou imputation d’un fait dépourvu d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable ». Sont à écarter de cette définition, toutes fausses informations diffusées à des fins humoristiques, satiriques ou par simple erreur.

Alors que l’objectif gouvernemental français souhaite rendre le texte anti-fake news opérationnel avant les prochaines élections européennes de 2019, un texte législatif serait examiné par le Parlement conformément aux vœux prononcés à la presse par le Président de la République Emmanuel Macron, en début d’année 2018.

La contre-attaque de la Commission européenne

Élection présidentielle, référendum… le fake news auraient de nombreux buts cachés dont celui d’influencer les électeurs lors de diverses campagnes électorales dans le monde. Un fait désormais connu et dénoncé. Afin de lutter contre cette pratique malhonnête de plus en plus répandue, la Commission européenne conseille la mise en place à l’échelle de l’Union, d’un code de bonnes pratiques contre la désinformation et compte sur le soutien d’un réseau indépendant de vérificateurs de faits.

Le concept ? L’utilisation de nouvelles technologies comprenant l’intelligence artificielle afin de contrer le fake news et aider tous les citoyens à accéder à une information correcte ainsi qu’à tout un ensemble de points de vue. Une conférence sur cette épidémie informatique est également prévue avec les pays de l’Union Européenne pour cette fin d’année 2018, avec pour mot d’ordre la lutte contre les menaces électorales qui ont lieu sur le web.

Les pays se mobilisent contre les Fake News

De l’Allemagne à l’Italie, les contre-attaques se déploient avec notamment une loi contraignant les réseaux-sociaux à une modération réactive en Allemagne ou encore une commission d’enquête mis en place par le Parlement britannique afin d’empêcher la diffusion de fausses informations et nouvelles ou encore la création d’une plateforme permettant de dénoncer ces fausses informations du côté des italiens.

Le Président de la République française, lui aussi victime de fake news a également dénoncé la circulation de fausse information provenant des chaines de télévision Russia Today France et de la radio Sputnik (des médias russes) à l’occasion de la visite du président russe Vladimir Poutine en mai 2017. Déclarant ainsi « Quand les organes de presse répandent des contrevérités infamantes, ce ne sont plus des journalistes, ce sont des organes d’influence. Russia Today et Sputnik ont été des organes d’influence durant cette campagne, qui ont, à plusieurs reprises, produit des contrevérités sur ma personne et ma campagne ».

Les armes françaises actuelles

Loin de vouloir se laisser faire, la France utilise des armes telles que l’article 27 de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 qui punit la propagation de fausses informations dans un contexte de trouble à la « paix publique ».

Le code pénal français aussi se met à jour est sanctionne d’une peine d’un an d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende le fait de porter de manière volontaire atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui par n’importe quel procédé.

Un an d’emprisonnement et 15000 euros d’amende sont également à craindre pour le fait de publier, par quelque voie que ce soit, le montage réalisé avec les paroles ou l’image d’une personne sans son consentement dans le cas ou il n’apparaitrait pas à l’évidence qu’il s’agit d’un montage ou s’il n’en est pas clairement fait mention.

Il est également à noter que des incriminations générales peuvent également servir en cas de d’infraction de diffamation. Un procédé définie par la loi sur la liberté de la presse précisant : « Toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé ».

Les Fake news, la faute à qui ?

Chercheur en sciences de l’information et membre du groupe d’experts sur les fake news de l’Union européenne, Divina Frau Meigs déclare que la loi ne pourra pas bloquer le phénomène de fake news, pour cette scientifique, la solution durable et soutenable à la lutte contre la « mal information » passe d’abord par l’éducation aux médias et à l’information et ainsi prendre en compte les trois cultures au cœur du numérique que comptent l’actualité (info-média), la documentation (info-doc) et la donnée (info-data).

Si beaucoup de gouvernements, parlements comme chercheurs cherchent à résoudre les problèmes qu’engendrent les fausses informations, d’autres, tel que le collectif Action-critique-médias (Acrimed) sont d’un tout autre avis. D’après ce collectif, la loi se trompe de cible, leur point de vue est simple, pour lutter contre la fausse information il faut limiter l’influence des annonceurs, la concentration de la propriété des médias et lutter contre la précarisation du statut des journalistes afin de conserver la qualité de l’information.

Acrimed insiste sur le fait que l’erreur du texte de loi étant de rester focalisé sur les fake news diffusés sur internet alors que la lutte « contre les pires dérives » et l’amélioration de la qualité de l’information devraient passer par la « construction d’un service public de l’information et de la culture, la création d’un statut de média à but non lucratif, d’un statut juridique des rédacteurs ou encore de la garantie de l’indépendance des sociétés de rédacteurs ».

Des points de vue d’experts en information et communication, collectifs et politiciens qui se croisent, s’opposent mais qui cependant reste dans la même optique, celle de lutter contre des informations nuisibles autant aux internautes anonymes qu’aux personnalités publiques.

Angèle Davison


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