Concurrence ferroviaire : elle devrait bientôt s’ouvrir à Nantes

0
243
Facade De La Gare De Nantes
La gare de Nantes

Concurrence ferroviaire : les usagers vont pouvoir la tester

La concurrence ferroviaire sera bientôt une réalité en France. Vraisemblablement, en commençant par Nantes. La réforme annoncée par le Gouvernement d’un nouveau pacte ferroviaire, destiné à offrir un meilleur service aux voyageurs, va donc prendre effet fin 2019. Pour cela, le ministère des Transports va donner accès sur le territoire à un autre opérateur que la SNCF. Il s’agit de Thello, filiale de la société publique italienne Trenitalia. Sous peu, les voyageurs auront le choix, pour rouler sur des lignes Intercités. Elles relieront Nantes à Bordeaux et Nantes à Lyon.

Gare de Nantes
Nantes devrait etre la première ville française a accueillir d’autres compagnies ferroviaires que la SNCF.

L’ébauche d’une rivalité commerciale

Depuis 2009, les lignes classiques internationales sont déjà ouvertes à la concurrence. Mais pour l’instant, une seule compagnie entend rivaliser avec la SNCF avec des trains à grande vitesse : Thello. C’est une société italienne, filiale de la société Trenitalia. Celle-ci exploite déjà des trains de nuit Paris-Milan-Venise, et une liaison Marseille-Nice-Gênes-Milan. L’année prochaine, cette concurrence aura la particularité d’être étendue aux trains TGV.

Une ouverture surveillée

A partir de décembre 2020, d’autres opérateurs ferroviaires alternatifs seront autorisés à faire rouler des trains sur les lignes françaises. Cependant, selon les textes officiels, cette tolérance ne pourra s’exercer que si elle « […] ne porte pas atteinte à l’équilibre économique des contrats de service public. » Pour cela, cette concurrence commerciale sera supervisée par l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières, l’Arafer. Ce Régulateur du secteur jugera si les dispositions légales ne lèsent personne.

Les TGV : un accès protégé

La gare de Nantes.
La gare de Nantes devrait s’ouvrir a la concurrence.

Actuellement, la SNCF occupe une position stable sur le segment des trains à grande vitesse. En effet, avec inOui, elle a développé une offre très attirante. De plus, avec les trains Ouigo, elle est bien placée sur le segment des voyages à faible coût. Enfin, elle a su créer des filiales avec ses voisins, comme Thalys et Eurostar. Pour se faire une place face aux TGV, la tâche pour Thello ne sera donc pas simple. D’autant plus que la société espagnole Ilsa va bientôt ouvrir une liaison Madrid-Barcelone-Montpellier. Rien n’est donc encore joué.

Une mise en concurrence progressive

Pour limiter l’arrivée d’autres opérateurs ferroviaires, la concurrence ne s’exercera d’abord que sur certaines liaisons. Elle auront été préalablement définies. Selon les experts, en régions, la plupart de ces trains pourraient ne pas rouler avant 2021. Concernant l’Ile-de-France, ces délais devraient être encore plus éloignés. Selon les lignes, cette mutation devrait seulement se concrétiser entre 2023 et 2039.

Une exception maintenue ?

Concernant le créneau spécifique des trains de nuit, Elisabeth Borne, ministre des Transports, a annoncé en septembre dernier que la SNCF gardera l’exclusivité de leur exploitation après 2020.