Contrôle parental : Emmanuel Macron veut l’imposer automatiquement

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Emmanuel Macron veut imposer un contrôle parental automatique aux fournisseurs d'accès à Internet.

Contrôle parental : le Gouvernement attend des contrôles plus préventifs

Dernièrement, le président Macron a déclaré qu’il voulait imposer un contrôle parental obligatoire aux fournisseurs d’accès à Internet. De plus, il attend que les sites à caractère pornographique vérifient mieux l’âge de leurs utilisateurs.

Un discours très ferme

Lors d’un discours à la tribune de l’Unesco, présentant un plan triennal contre les violences faites aux enfants, le président Macron a montré sa détermination. Cet événement marquait le trentième anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. A cette occasion, le chef de l’Etat a déclaré « Je veux que soit mis en place un contrôle parental par défaut, qui permettra de garantir son application. » De plus, il a ajouté “Aujourd’hui, c’est une démarche volontaire.” Mais il a précisé ” Dans la plupart des cas, ce n’est pas suffisant.” Cette remarque s’adressait notamment aux principaux fournisseurs d’accès à Internet. En l’occurrence, Orange, Free, SFR et Bouygues Telecom.

Un délai pour agir

Le président Macron s’est montré très engagé sur cette question de la protection des mineurs. Spécialement face à l’accès à des sites inadaptés, violents ou pornographiques. De fait, il a prévenu « Nous donnons six mois aux acteurs de l’Internet pour nous proposer des solutions robustes. » Ce délai donné s’est accompagné d’une menace précise. En effet, le président a ajouté « Si dans six mois nous n’avons pas de solution, nous passerons une loi pour le contrôle parental automatique. » Suite à cet avertissement, la Fédération Française des Télécoms a déclaré que les opérateurs télécoms étaient « pleinement mobilisés ». D’ailleurs, ils ont répondu qu’ils travaillaient « sans cesse aux solutions applicables les plus efficaces ». Mêmes si l’on sait qu’engager leur responsabilité dans le contrôle parental ne les arrange pas du tout.

Des mesures plus efficaces attendues

Aujourd'hui, le contrôle parental automatique sur Internet anime de nombreux débats dans le monde.
Aujourd’hui, le contrôle parental automatique sur Internet anime de nombreux débats dans le monde.

Face aux agressions visuelles des mineurs sur le Net, les fournisseurs d’accès ne sont pas les seuls visés. En effet, les sites pornographiques ne protègent pas assez l’accès à leurs contenus. Ils sont donc aussi dans le collimateur du Gouvernement. A ce sujet, le président Macron a déclaré « Nous allons préciser dans notre Code pénal que le simple fait de déclarer son âge en ligne ne constitue pas une protection suffisante contre l’accès à la pornographie des mineurs. » Par conséquent, les sites incriminés devront renforcer leurs barrages. Car ils sont aujourd’hui trop faciles à contourner. Sans effort de leur part, ils s’exposeront à des sanctions. Ainsi, Emmanuel Macron a déclaré « À cette nouvelle obligation répondront de nouvelles sanctions, les juges pourront ainsi bloquer les sites qui ne respecteront pas cette loi. » De plus, les sites trop laxistes “[…] s’exposeront également à des pénalités de la part du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel […].”

Une préoccupation mondiale

Aujourd’hui, la France n’est pas la seule à se préoccuper dans le monde de la protection des mineurs face à Internet. Ainsi, d’autres pays veulent aussi appliquer des mesures de contrôle parental. Ou simplement citoyennes. Parfois plus strictes que dans l’Hexagone. Par exemple en Australie, le ministère de la Justice a préconisé l’usage d’une pièce d’identité pour pouvoir accéder aux sites pornographiques. Voire d’utiliser un logiciel de reconnaissance faciale. Même tendance au Royaume-Uni, où l’on a envisagé d’obliger les internautes à prouver leur majorité en se rendant chez un commerçant pour obtenir un code d’accès. Depuis, cette proposition a été abandonnée, car elle a été jugée trop intrusive par rapport à la vie privée. Cependant, ces divers débats montrent bien que l’accès aux sites traumatisants pour les mineurs préoccupe actuellement beaucoup.