Coût de l’absentéisme : un phénomène qui a tendance à augmenter

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Le coût de l'absentéisme a tendance à augmenter dans les entreprises françaises.

Coût de l’absentéisme : des charges qui s’alourdissent

D’après une récente étude réalisée par le cabinet Alma Consulting dans 252 sociétés, le coût de l’absentéisme est une charge qui a tendance à s’alourdir dans de nombreuses entreprises françaises. Particulièrement dans le secteur des transports.

Un fléau croissant

Pour de nombreuses sociétés, le coût de l’absentéisme représente un fléau croissant. Alors qu’en 2013, la moyenne des jours d’absence s’était réduite de 6 %, en tombant à 15,6 jours, paradoxalement, son coût a largement augmenté. Précisément, il a fait un bond de 26 %. Ce qui a correspondu à un budget global de 8,8 milliards d’euros. Cette montée en puissance s’est expliquée surtout par le fait que les entreprises ont souvent été contraintes de remplacer leurs employés absents. Or, ce phénomène a engendré des coûts qui ont été multipliés par deux. En revanche, les rémunérations versées ont très peu changé. En fait, ce doublement du coût de l’absentéisme s’est imposé par nécessité. Celle de combler des absences qui freinaient l’activité normale des sociétés concernées. Un phénomène économique totalement contreproductif, à un moment où la croissance française était quasiment stable.

Un accroissement dans la classe ouvrière

A cette période, l’augmentation du coût de l’absentéisme a été plus palpable dans la classe ouvrière que parmi les cadres. De fait, parmi les employés de la classe ouvrière, le taux d’absentéisme enregistré est passé de 4,2 % à 4,4 %. A l’inverse, chez les cadres, ce taux a baissé, passant d’environ 2,3 % à 2,1 %. Avec le recul, on s’aperçoit que le coût de l’absentéisme chez les ouvriers entraîne des dépenses beaucoup plus importantes. En effet, les entreprises doivent alors remplacer ces employés. Ce, dans 93 % des cas. Or, pour les cadres, le taux de remplacement nécessaire n’a été seulement que de 28 %.

Des accidents trop fréquents dans les transports

Le coût de l'absentéisme se fait sentir dans de nombreux secteurs professionnels.
Le coût de l’absentéisme est un budget important dans de nombreux secteurs professionnels.

Dans le secteur des transports, l’étude du cabinet Alma Consulting a révélé une nette augmentation des jours d’absence. Donc du coût de l’absentéisme. En effet, en moyenne, ces absences sont passées de 18 jours à près de 25 jours. Une tendance inquiétante qui a démontré de nombreuses anomalies en matière de prévention et de sécurité. De fait, ces carences ont provoqué plus d’accidents du travail. Dans ce secteur, ils ont causé de nombreuses absences, estimées à 25 % des cas. Généralement, dans d’autres secteurs professionnels, cette proportion n’atteint même pas les 15 %. Notamment dans le BTP, où les jours d’absence sont les moins nombreux. En moyenne, ils atteignent seulement 10,8 jours. Un chiffre révélateur. Il montre qu’une bonne prévention peut donner d’excellents résultats. Même dans un environnement de travail parfois pénible et exposé à de nombreux risques.

Des solutions possibles

D’après de nombreux experts du monde du travail, le coût de l’absentéisme peut se réduire. Pour y parvenir, les entreprises touchées doivent d’abord comprendre les causes des absences qu’elles subissent. Ensuite, elles doivent mener une réflexion pour améliorer leur situation, mais en y associant toujours leurs salariés. Ensuite, les solutions trouvées passent le plus souvent par des réorganisations des pratiques de travail. De plus, réaménager les espaces professionnels entraîne souvent des améliorations. Généralement, celles-ci coûtent moins chères que l’absentéisme.