Droit à la déconnexion : beaucoup de salariés n’arrivent pas à en profiter

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Droit à la déconnexion : un cadre dont les limites ne sont pas claires

Le droit à la déconnexion, pour que les employés se coupent enfin de leur travail pendant leurs congés, a du mal à être respecté. De fait, une étude a montré que beaucoup culpabilisaient quand ils arrêtaient de répondre à leurs mails ou à leurs SMS. Idem, lorsqu’ils doivent s’empêcher d’utiliser leur smartphone quand il sonne.

Droit à la déconnexion : il est flou chez certains

Alors que se séparer de son téléphone pendant ses vacances peut sembler simple, ce droit à la déconnexion peut être plus problématique qu’on ne le croit pour beaucoup de travailleurs. Selon un récent sondage Opinion, réalisé pour le cabinet Eleas, près d’un tiers des salariés sondés n’arrivent pas à profiter de leur droit à la déconnexion. Ce cabinet est spécialisé dans la qualité de vie au travail. Son enquête a été faite fin 2018, sur plus de mille travailleurs, employés dans des bureaux.

Une réelle dépendance

Cette enquête montre que de très nombreux employés n’arrivent pas à se séparer de leurs ordinateurs et de leurs smartphones pendant leurs congés. Car ils sont trop habitués à être tout le temps connectés. De fait, la possibilité d’être joignables en permanence, permise par les smartphones, empêchent certains d’entre eux de profiter de leur droit à la déconnexion. L’une des explications données par des sociologues est celle d’une mauvaise habitude. Elle viendrait du fait qu’on a de moins en moins le temps de répondre à ses nombreux messages pendant qu’on travaille. Alors, on le fait de plus en plus souvent en dehors de ses horaires professionnels. Ainsi naît un engrenage addictif.

Des effets négatifs sur la productivité

Le droit à la déconnexion n'est pas respecté par de nombreux travailleurs, qui culpabilisent.
Le droit à la déconnexion numérique professionnelle reste à préciser.

Différentes études ont révélé que le fait de travailler en dehors d’un cadre temporel établi, avec des horaires fixes, amoindrissait à la longue la productivité des salariés. De plus, cette disponibilité trop importante affectait aussi leur santé. A l’évidence, la cause principale de ces deux problèmes est la fatigue accumulée. En effet, elle affecte plus de 4 salariés sur 10. Parmi eux, ce sont les jeunes qui sont les plus touchés. De fait, ils sont encore plus victimes de la dépendance numérique. Après enquête, près de la moitié de cette tranche d’âge avoue être trop stressée par ce phénomène. Contre 35 % de l’ensemble des salariés sondés. De plus, une baisse de la concentration se constate chez près de trois de ces jeunes travailleurs sur cinq. Avec les employés plus âgés, ce déficit de concentration n’existe que chez un travailleur sur trois.

Des mesures légales à définir

Face à ce constat de dépendance numérique, de plus en plus d’employés réclament un droit à la déconnexion. En 2018, la loi « Avenir professionnel », émanant du ministère du Travail, a constitué une première étape. Cependant, des négociations restent toujours à mettre en place dans les entreprises pour définir précisément les termes de cette déconnexion. L’enjeu étant d’arriver à conserver un équilibre satisfaisant entre vie personnelle et professionnelle. Conscients de ce problème, beaucoup d’employeurs s’en préoccupent. Néanmoins, dans ce domaine, les chartes de bonnes pratiques restent encore insuffisantes. Ainsi, on estime que moins d’un quart des entreprises concernées ont défini une telle charte. Enfin, à ce jour, à peine 16 % d’entre elles ont vraiment mis en place des règles pour un droit à la déconnexion numérique.