Fermeture des maternités : une restructuration inévitable

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La fermeture actuelle des maternités est mal vécue par beaucoup de femmes.
Agnès Buzyn soutient le projet de restructuration des maternités.

Une évolution due à la sécurité

La fermeture des maternités de proximité pose problème à de nombreuses femmes. Malgré ce constat, une dizaine de syndicats de médecins vient de déclarer que ces fermetures sont nécessaires. Elles ont lieu « […] pour préserver la qualité et la sécurité des soins ». Une récente étude de la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques montre que le nombre de maternités en France est passé de 814 en 1996, à 498 en 2016.

Un projet de loi Santé

A ce jour, des fermeture de maternités sont prévues, quand c’est justifié, dans le récent projet de loi Santé. Celui-ci a été présenté par le Gouvernement. Par ailleurs, ce projet est soutenu par une dizaine de syndicats de médecins. En effet, ces derniers réclament une évolution de l’offre de soins actuellement proposée. Elle vise à améliorer la structure pour réaliser correctement des accouchements. Cet avis est notamment partagé par l’intersyndicale Action Praticiens Hospitaliers, l’APH, et la Société Française de Néonatologie. Ainsi que par le syndicat des Jeunes Médecins. Pour eux, vouloir à tout prix maintenir ces maternités menacerait directement la sécurité sanitaire des patientes. Donc, ils jugent que cette restructuration du réseau des maternités sur le territoire est « urgente et inéluctable ».

Proximité ne rime pas avec sécurité

Certaines mères se demandent où elles vont accoucher.
La restructuration actuelle du réseau des maternités inquiète de nombreuses femmes.

La question que soulève cette décision est épineuse. En effet, de nombreuses femmes se demandent comment elles vont pouvoir accoucher dans de bonnes conditions. Surtout si elles doivent se déplacer plus loin, le moment venu. Aujourd’hui, les gynécologues, les sages-femmes, les anesthésistes-réanimateurs et les pédiatres comprennent leurs inquiétudes. Cependant, ils répondent à leurs patientes qu’ils craignent pour leur sécurité. Ainsi, ces soignants leur expliquent que la sécurité des jeunes mères et celle de leurs nouveau-nés doit rester un objectif majeur. Par conséquent, refuser de futures restructurations peut mettre les futures mères en danger. Tout comme les personnels soignants. Selon ces soignants, « maintenir une maternité qui ne parvient pas […] à offrir une organisation pérenne 24h/24 répondant aux critères de qualité/sécurité […] est une tromperie politique envers les femmes ».

Une ministre décidée

Ce dimanche, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a réaffirmé sur Radio J que « proximité ne rime pas toujours avec sécurité ». Ainsi, madame la ministre a de nouveau soutenu la prochaine labellisation des « hôpitaux de proximité ». Ces derniers, intégrés dans sa réforme, ne doivent pas comporter de services de maternité. Malgré tout, les fermetures en cours demeurent fortement contestées. Notamment à Bernay, dans l’Eure, et à Creil, dans l’Oise.