IGTV, la plateforme vidéo d’Instagram

Instagram lance IGTV, sa plateforme de vidéos en ligne

Instagram lance sa plateforme vidéo

Avec IGTV, le célèbre réseau social part à l’assaut du secteur de la vidéo en ligne. Son co-fondateur a annoncé hier l’arrivée d’une nouvelle application sensé concurrencer voire dépasser les mastodontes de la vidéo en ligne.

IGTV, la plateforme vidéo

Lancé en octobre 2010, Instagram s’est imposé comme le réseau social référence pour les photos et vidéos. Racheté pour un peu plus de 700 millions de dollars en 2012 par Facebook, il compte aujourd’hui plus d’un milliard d’utilisateurs. Il rejoint donc son propriétaire numéro 1 avec 2,2 milliards d’utilisateurs, mais s’essouffle, WhatsApp, Messenger et a déjà dépassé Twitter et Snapchat. Ce chiffre symbolique désormais atteint, son activité risque d’évoluer de façon exponentielle. 

Ainsi, ce mercredi, lors d’une présentation à San Francisco, le patron et cofondateur d’Instagram, Kevin Systrom, en a profité pour dévoiler IGTV, le nom de l’application de format vidéo du réseau social. 

« Les adolescents regardent moins la télévision mais davantage les vidéos de créateurs en ligne« , a-t-il dit. Une référence à ce que l’on appelle les Youtubeurs et autres influenceurs, respectivement stars de YouTube et Instagram, grâce à leurs vidéos sous toutes leurs formes (tutoriel, analyse, test, sketch, etc). Des personnalités du web suivies par des millions de personnes, majoritairement des adolescents. 

IGTV sera donc une application distincte (elle sera toutefois disponible depuis Instagram) qui permettra à tous les utilisateurs de publier des vidéos pouvant aller de une à dix minutes. Les abonnés, les influenceurs et « créateurs » ayant un nombre important de « followers » (ceux qui suivent) auront le droit à une durée élargie, soit une heure. 

Que ce soit l’équipe de France de football, Kim Kardashian, les Youtubeuses EnjoyPhoenix et Natoo, l’émission Quotidien, les humoristes Gad Elmaleh et Jamel Debbouze, le DJ David Guetta… voici une première liste de ceux qui possèdent déjà leur compte IGTV.

Les vidéos ne pourront être partagées qu’à partir du contenu enregistré sur son téléphone. Les contenus en ligne resteront accessibles, et ce, de façon permanente. Comme sur Facebook ou Twitter, on pourra « liker » ou commenter les vidéos. 

IGTV a un but : atteindre puis vaincre le numéro 1 

« Nous avons débuté avec des photos carrées, puis nous avons lancé la vidéo en 2013. Depuis, la vidéo a explosé. La façon dont nous regardons la vidéo a changé » a expliqué Kevin Systrom. Une manière directe d’expliquer que la vidéo est devenue un atout majeur sur le web. Selon le cabinet eMarketer, 181,7 millions d’Américains regarderont de la vidéo au moins une fois par mois en 2018. Soit une hausse de 6,1 % par rapport à 2017. 

Les jeunes, principale cible de la néo-application, sont les acteurs de bouleversement du monde des médias et du divertissement. Un phénomène qui n’est pas nouveau, mais qui n’a cessé de s’accroître, encore plus avec l’explosion de Netflix ou des premiers réseaux sociaux. 

Le but d’IGTV sera donc, dans un premier temps, d’imposer sa patte sur ce secteur à très forte activité et en perpétuelle expansion. Enfin, dans un second temps, il s’agira de devenir le concurrent le plus sérieux de YouTube, le numéro 1 incontesté depuis plus d’une décennie. Selon des statistiques publiées en avril 2018 par le site spécialisé le blog du modérateur, 1,8 milliards de personnes se rendent sur la plateforme fondée en 2005. Et pour se faire, elle compterait aussi utiliser certaines ficelles qui ont fait le succès du maître. 

IGTV, la plateforme vidéo : vers une monétisation des vidéos ? 

A peine l’application lancée, elle est déjà évoquée. La monétisation des vidéos IGTV, soit permettre aux créateurs de vidéos les plus suivis, de gagner de l’argent, à partir du contenu posté. Mais cette étape, déjà souvent décriée sur Yootube, ne serait qu’une autre étape, plus lointaine selon le magazine Variety. 

Toutefois, le modèle pourrait être similaire, avec un partage des revenus publicitaires (notamment les pubs qui apparaissent avant les vidéos). Facebook, lui, adopte un autre modèle : payer des créateurs de contenus originaux, pour les poster sur sa plateforme Watch. Un modèle dont Instagram ne devrait pas s’inspirer, au profit du modèle de YouTube. 

Instagram, une base déjà solide !

A peine un an après son lancement, Instagram avait été désignée application de l’année par Apple en 2011. Elle s’est démarqué entre autres grâce à ses filtres photos. Selon une étude du centre de recherche Pew Research Center, elle fait partie des réseaux sociaux préférés des adolescents américains, au même titre que YouTube et Snapchat.

20% des utilisateurs seraient basés aux Etats-Unis selon le blog du moderateur, les utilisateurs de moins de 25 ans passent en moyenne 32 minutes par jour sur l’application, et il a été constaté une hausse de 80% du temps passé à regarder des vidéos sur Instagram en un an (septembre 2017). 

Toutefois, le réseau social est aussi taxé de « tyrannie du cool« . En janvier 2017, un rapport d’une ONG britannique avait établi un lien direct entre le culte de la perfection, très présent sur les photos et les troubles de l’alimentation de certains abonnés. Ces derniers mettant en scène des aliments plus pour le décor que pour s’alimenter. 

Certains influenceurs n’hésitent d’ailleurs plus à montrer et s’affranchir des règles de beauté établie par une prétendue perfection avec le hashtag #nofiltre. 

Les vidéos postées sur IGTV iront-elles dans ce sens ou resteront-elles à but purement divertissant ?

Samuel Sarfati


Le Bulletin des Communes vous propose également…