Intérim : les travailleurs handicapés aussi

7 cubes qui composent le mot "interim"

L’intérim est aujourd’hui une forme de travail peu accessible en France pour les personnes en situation de handicap. Parmi elles, on estime qu’environ 800.000 sont pourtant capables d’être actives. Or, elles ont déserté le marché de l’emploi. Cette fracture sociale pourrait encore grandir si aucune action ciblée n’est menée.

Donner plus de chances aux candidats handicapés

Le travail temporaire est l’une des solutions à cette situation préoccupante. Cependant, des études montrent que le taux des postulants en situation de handicap est anormalement faible dans les agences d’intérim. Pour lutter contre cette inégalité, 600 entreprises adhérentes à Prism’emploi ont signé une charte. Celle-ci intervient dans le cadre de la convention du 20 septembre 2018, signée à Orléans par Sophie Cluzel. Cette charte est liée à la loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel ». Par cet accord, ces agences d’intérim s’engagent à proposer à leurs clients, « de façon volontariste », des profils de candidats en situation de handicap. Cet aménagement va donc permettre de constituer une réserve suffisante de postulants. Ainsi, le faible taux de candidatures aujourd’hui disponible pourra rapidement augmenter.

Un élan positif

Jeune femme au travail, assise dans un fauteuil roulant.

Isabelle Eynaud-Chevalier, déléguée générale de Prism’emploi, tient d’abord à uniformiser les partenariats en cours. En effet, elle a observé qu’ils fonctionnaient de façon inégale. Cela dépend dans quels territoires ils sont appliqués. Pour harmoniser les chances d’accéder à un emploi, Isabelle Eynaud-Chevalier souhaite notamment s’appuyer sur les Plans Régionaux d’Insertion de Travailleurs Handicapés (PRITH). Ainsi, dès 2019, la totalité des agences d’intérim participantes pourront mener des actions plus efficaces. Par ailleurs, l’obligation légale de respecter un quota de 6 % de travailleurs handicapés dans les entreprises améliorera aussi la situation.

Des avancées encourageantes

En septembre dernier, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, a donc signé un accord-cadre réciproque avec 600 entreprises de travail temporaire. De fait, celui-ci devrait vraiment aider les personnes handicapées à accéder à un emploi. Pour la secrétaire d’Etat, le travail temporaire constitue « un relais clé ». Ainsi, il est pour elle un moteur « essentiel » dans l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés. Ces nouvelles mesures devraient permettre de faire passer le taux actuel de 4,4 % de travailleurs handicapés à 6 %. C’est ce que la loi prévoit aujourd’hui, dans les entreprises de plus de 20 salariés. Celles qui ne respectent pas ce pourcentage risquent des pénalités.  A court terme, l’ensemble du nouveau dispositif prévu devrait faire baisser le taux de chômage parmi les travailleurs handicapés. En effet, il s’élève actuellement à près de 20 %. Soit presque le double du pourcentage enregistré chez les chômeurs valides.