L’isolement des personnes handicapées : un mal invisible

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L’isolement des personnes handicapées : un handicap supplémentaire

Personne de dos, en fauteuil roulant

Une étude récente menée par le CREDOC sur plus de 3.500 personnes fait apparaître que 22 % d’entre elles estiment qu’elles subissent un isolement pénible. Parmi ce pourcentage, huit personnes sur dix ressentent leur situation comme une véritable solitude. Chez les personnes handicapées, la proportion subissant un sentiment d’isolement atteint 33 %. De la même façon, ce ressenti touche aussi les personnes porteuses d’une maladie chronique. Or, 25 % de la population française est porteuse d’un handicap ou d’une maladie chronique.

Une vulnérabilité sous-estimée

Pour une personne valide, les quatre principaux moyens d’entretenir des liens sociaux sont la famille, le milieu professionnel, les amis et le voisinage. Grâce à ces réseaux habituels, des échanges relationnels s’établissent. Ils permettent d’éviter la sensation d’isolement, voire de solitude. Parmi les personnes handicapées, certains de ces réseaux sont souvent inutilisés ou abandonnés. Cela mène les individus à une fragilité sociale, parfois très difficile à supporter. Celle-ci peut alors engendrer un phénomène de repli sur soi et de méfiance à l’égard d’autrui. Ainsi, un sentiment de dévalorisation peut progressivement s’installer. Un engrenage risque alors de se mettre en place, qui isole encore plus. Au quotidien, l’isolement des personnes handicapées est donc un facteur de pénibilité supplémentaire.

Un cercle vicieux négatif

Adolescent de dos dans une fauteuil roulant
L’isolement est aussi une difficulte pour les personnes atteintes de maladies chroniques.

Avoir une image de soi dévalorisée pousse de nombreuses personnes à des comportements négatifs. Cela rejaillit sur toutes leurs activités quotidiennes, privées ou professionnelles. On constate alors qu’un cercle vicieux risque de s’installer. Chez les personnes invalides, suite à un accident ou à une maladie, l’une des impressions les plus fréquentes est de subir un « avant » et un « après ». Le constat étant qu’avant leur invalidité elles avaient plus d’amis. Suite à leur handicap, elles observent que leurs relations extérieures se sont raréfiées. Parfois, elles disparaissent même complètement. La phrase : « Avant, j’avais des amis », revient souvent. Dans les cas extrêmes,  l’isolement des personnes handicapées peut conduire à des journées complètes sans voir personne.

L’isolement volontaire

Parfois, le repli sur soi peut être volontairement choisi par la personne invalide. En effet, les conséquences d’une maladie ou d’un handicap peuvent conduire à la décision de se mettre à l’écart. Les raisons qui encouragent ce comportement sont connus. Les principales sont l’impression d’être un poids pour son entourage, la sensation de fatigue, la douleur ressentie, et les difficultés de mobilité. Tous ces paramètres affaiblissent la personne et limitent ses envies de sociabilité. Le phénomène de repli sur soi touche plus de la moitié des personnes qui ont participé à cette enquête. L’étude du CREDOC est basée sur des personnes choisies à partir de la méthode des quotas. Elle conclut que le meilleur remède contre l’isolement des personnes handicapées est d’aller vers elles de façon volontaire.

Le Bulletin des Communes suggère également de lire cet article sur le site pourquoi docteur  https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/27618-12-personnes-handicapees-malades-souffrent-d-isolement