Le tout-numérique entraîne de l’exclusion.

Jacques Toubon, le Défenseur des droits, vient de publier une vaste enquête qui évalue la qualité de la relation des citoyens avec les services publics. Elle fait apparaître que si le tout-numérique présente des avantages certains, notamment un accès plus aisé aux informations, il pénalise aussi certaines populations. Principalement, les jeunes, les seniors et les personnes précaires. En effet, la dématérialisation des services publics entraîne un effet pervers qui handicape parfois ces trois catégories. Si les démarches administratives numériques restent banales pour 73 % des personnes interrogées, elles posent problème à une personne sur cinq.

L’accès à Internet n’est donc pas toujours une panacée, et dans certains milieux –non-diplômés, agriculteurs, ouvriers – il peut même empêcher d’accéder à des droits ou compliquer des demandes. Jacques Toubon regrette donc que les économies générées par le tout-numérique « […] ne soient pas redéployées vers le financement d’un accompagnement des usagers au numérique et du développement d’un dispositif alternatif. » Une mesure qui irait dans ce sens compenserait les inégalités d’accès aux démarches administratives. Un accompagnement de ce type comblerait une forme de fracture numérique, aux effets sournois.