LES COMMUNES S’EFFORCENT DE JARDINER DURABLE

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Dans les villes, fini les parterres de fleurs qui ne vivent qu’un été et les jardinières accrochées aux lampadaires. Sous la pression de l’opinion publique et des élus pressés d’afficher des objectifs développement durable, les services des espaces verts ont progressivement modifié leurs pratiques.

« La loi Labbé du 6 février 2014 interdit l’usage des produits phytosanitaires dans les parcs et jardins publics à compter du 1er janvier 2020 », explique Jacques Milder, ingénieur au service des espaces verts de la ville de Dijon et conseiller technique de Florissimo. La ville de Dijon par exemple, qui emploie 181 personnes pour l’entretien de ses 880 hectares d’espaces verts et la production de plants avec un budget annuel de 2,6 millions d’euros (hors salaires), pratique la lutte biologique dans ses serres avec des insectes auxiliaires qui détruisent les nuisibles. Elle ne désherbe plus, préférant des techniques de paillage qui protègent la terre de l’évaporation.

La ville de Rennes, de son côté, est passée de 775 kilos par an de phytosanitaires utilisés en 1996 à 298 kilos en 2003 puis à 60 kilos par an en 2008. Depuis 2012, elle affirme avoir atteint son objectif de zéro pesticide.

Pour limiter les arrosages, les plantes vivaces et les graminées remplacent les fleurs annuelles. « En général, les villes pratiquent un fleurissement différencié », précise Jacques Milder. Les parterres de fleurs annuelles se limitent au centre-ville. Les prairies fleuries composées de graines de plantes horticoles ou indigènes ont le vent en poupe le long des voiries, des chemins piétonniers et des rivières. Elles favorisent la pollinisation et le retour des oiseaux et des insectes, tout comme les arbustes à fleurs dont la gamme offre des floraisons prolongées.

Sur l’ensemble de la France, l’observatoire du ministère de l’Agriculture constate une baisse de 35 % des volumes de produits phytosanitaires non agricoles depuis 2008. Cependant les chiffres n’isolent pas la part des professionnels et celle des jardiniers amateurs. L’association Plante & Cité, qui regroupe des professionnels des espaces verts privés et publics, estime qu’au moins 10 % des grandes villes jardinent sans pesticides et engrais d’origine chimique. De leur côté, les associations de défense de l’environnement publient une carte des villes engagées dans la démarche zéro phyto. Leur compteur estime qu’il y a plus de 900 communes sur lesquelles des objectifs ont été formulés et des démarches engagées.

Si le jardinage biologique se développe bien dans les parcs et les espaces verts, la démarche s’avère techniquement plus compliquée sur les pelouses sportives et les cimetières, la moindre herbe étant culturellement bannie de ces derniers.