Loi Agriculture et Alimentation : des promesses non tenues

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Loi Agriculture et Alimentation : plusieurs reculs

Machine agricole vaporisant un pesticide dans les champs
La loi Agriculture et Alimentation a été adoptée

En mai dernier, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture, après huit jours de débats intenses, le projet de loi Agriculture et Alimentation. Celui-ci a été approuvé par 339 voix contre 84. Parmi les députés présents, 130 se sont abstenus.

De vives déceptions pour l’environnement

Grâce à cette loi Alimentation et Environnement, certaines avancées ont été obtenues. Cependant, de nombreux reculs par rapport aux précédents engagements d’Emmanuel Macron, pris l’année dernière, ont finalement été entérinés. Ces choix importants ont beaucoup déçu les députés écologistes et ceux qui représentaient La République en Marche (LRM). Certains ont clairement été scandalisés par le maintien de l’usage du glyphosate dans le monde rural, alors qu’il avait été fortement question d’interdire cet herbicide, jugé dangereux.

Un vrai mécontentement

Deux agriculteurs dans un champs
Une loi qui sacrifie la santé publique ?

 

Yannick Jadot, député écologiste européen, a dernièrement commenté ce renoncement lié à la loi Alimentation et Environnement. Lors d’une émission diffusée sur LCP, il a déclaré avec amertume : « […] une nouvelle fois, les intérêts financiers ont primé sur la santé de nos populations. » L’interdiction du glyphosate dans le milieu agricole, précédemment envisagée d’ici 2021, ne sera donc pas appliquée pour le moment. Cette mesure, très attendue, aurait pu être emblématique d’une volonté affirmée de privilégier la santé plutôt que la productivité. L’association écologiste Générations Futures n’a pas hésité à qualifier ce recul de « trahison ».

Un enjeu global

Cette décision prise à l’Assemblée, intégrée à la loi Alimentation et Environnement, en plus de sa dimension nationale, pose la problématique, par ricochet, du rôle que peut jouer la France dans la protection du climat de la planète. Cette question, abordée lors de l’Accord de Paris sur le climat, avait déjà été débattue. Il avait alors été question de mettre en place une stratégie française efficace, destinée à limiter nos émissions de gaz à effet de serre. Il faut rappeler que l’agriculture produit aujourd’hui 20 % des gaz pouvant provoquer un réchauffement climatique. Cette production est notamment causée, en partie, par l’utilisation d’engrais, avec la fertilisation en azote des sols agricoles, et par l’élevage. Le monde agricole est donc potentiellement l’un des secteurs les plus susceptibles de jouer un rôle négatif sur le dérèglement climatique. Par conséquent, toutes les décisions prises par rapport à notre façon de produire et de cultiver peuvent avoir un fort impact écologique, même si ça n’est pas immédiatement visible.

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