Le mouvement antipesticides : une opposition qui monte

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Mouvement antipesticides : un franc durcissement

Dernièrement, le Gouvernement a proposé des distances de cinq et dix mètres entre les épandages de pesticides et les habitations. Or, depuis, le mouvement antipesticides ne cesse de croître. Ainsi, plus d’une trentaine de maires ont pris des arrêtés antipesticides. Les débats à ce sujet ne sont donc pas près de s’apaiser.

Une consultation devenue obligatoire

Les ministres de la Santé, de l’Agriculture et de la Transition écologique ont fait une annonce, ce 7 septembre. Ainsi, ils ont déclaré : « Le Gouvernement est déterminé à renforcer la protection de la santé des populations riveraines des zones de traitement des cultures ». Ce communiqué commun a mis en avant le problème des distances minimales entre les zones d’épandage et les habitations. Autrement dit, on a compris que les choix de l’exécutif ne convenaient pas à tout le monde. Peu de temps après, le maire frondeur de Langouët s’est opposé à ces recommandations. Une opposition au départ d’un réel mouvement antipesticides.

Controverse à propos des distances de sécurité des épandages

Pour mieux comprendre l’ADN du mouvement antipesticides, il faut savoir que les avis émis dépendent du type de cultures. Concernant les cultures basses, certains plaident pour une distance minimum de cinq mètres. Pour les cultures hautes, et les substances jugées dangereuses, ce minimum peut passer à dix mètres. Mais les associations de protection de l’environnement sont plus exigeantes. Elles estiment que cette distance minimale ne devrait jamais être inférieure à 150 mètres. Une opinion partagée par certains parents, inquiets de voir leurs enfants jouer à proximité de zones cultivées.

L’avis réservé de l’ANSES

Cet avis de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, sur lequel le Gouvernement s’appuie, n’est pas propice à calmer le mouvement antipesticides. En effet, il précise d’emblée que les données qu’on utilise aujourd’hui sont “[…] issues d’études effectuées dans les années 1980″. Donc, à relativiser. En plus, les évaluations qui figurent dans ce rapport n’ont été réalisées que sur des distances de 2, 3, 5 et 10 mètres. Donc, toujours assez proches. En conclusion, l’Agence ne donne pas un avis clair. De fait, elle considère que les distances de sécurité souhaitables “[…] devraient être au moins égales aux distances introduites dans l’évaluation des risques […] ou supérieures.” Cet avis concerne “[…] les produits classés cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction.” Dès lors, on comprend l’utilité d’une consultation la plus large possible. Cela permettra d’actualiser des éléments d’analyse recueillis il y a maintenant 40 ans !

Une réduction des surfaces cultivables

L'usage des pesticides en France a créé une vive polémique.
La fronde anti-pesticides prend de l’ampleur dans le pays.

Certaines associations appartenant au mouvement antipesticides, comme Générations Futures, recommandent de respecter des distances importantes pour les épandages. Elles parlent d’au moins 100, voire de 150 mètres, devant les habitations. Tout comme l’arrêté pris par le maire de Langouët. Mais cette précaution est jugée excessive par de nombreux agriculteurs. Un point de vue que partage le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume. A ce sujet, il a déclaré « S’il fallait amputer les champs français de 150 mètres partout, cela pourrait représenter entre 20 et 30 % de la surface agricole cultivée. » Autrement dit, à son avis, une telle mesure sera inapplicable.

L’enjeu de la consultation

La consultation lancée par le Gouvernement sur l’utilisation sans danger des pesticides devrait encore durer environ deux semaines. Mardi dernier, elle avait déjà suscité environ 5.400 commentaires. Pour augmenter le volume des avis, le parti écologiste Europe Écologie-Les Verts a mis en place un site dédié. Il s’appelle consultations pesticides.fr. A partir des commentaires déposés, et de l’ampleur du mouvement antipesticides, le Gouvernement pourra moduler sa position. Éventuellement, cela lui permettra de modifier ses choix. Cependant, en cas de désaccord, des actions judiciaires contre le nouvel arrêté restent possibles.