Non-perception du RSA : des inégalités compensées par le Big Data

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Pour que le RSA soit versé à ceux qui y ont droit.

Non-perception du RSA : des améliorations en cours

La perception du RSA, le Revenu de Solidarité Active, ne profite pas aujourd’hui en France à toutes les personnes qui y ont droit. Les ressources du Big Data peuvent alors aider à appliquer cette politique sociale, prévue pour les plus démunis. Dans ce domaine, une expérimentation innovante a été menée dans le département du Finistère.

Les atouts du Big Data

Dans le Finistère, le directeur général des services du département, Dominique Soulier, a constaté que certains allocataires du RSA ne le touchaient pas. En croisant les données de 16.000 allocataires, et en les faisant analyser par un prototype basé sur le Big Data, la non-perception de ce Revenu minium a diminué dans le département. Ainsi, l’accès à ce droit a été sensiblement amélioré.

Une expérience anonyme

Cette expérimentation a été lancée à la fin de l’année 2017. La société Civiteo l’a supervisée, avec pour objectif celui de repérer les zones de non-perception. Ce repérage a été rendu possible grâce aux outils fournis par le Big Data. Ainsi, l’analyse a utilisé les données accumulées par le département durant les cinq dernières années. Les fichiers qui ont servi à cette mise en place ont bénéficié d’un complet anonymat. Par conséquent, les attentes de la CNIL ont été respectées. Ensuite, les données enregistrées ont été croisées avec une quarantaine d’indicateurs démographiques, statistiques et économiques, fournis par l’Insee.

RSA et travail

Visuel pour le Revenu de Solidarité Active.
L’aide minimale du Revenu de Solidarité Active.

Jean-Luc Gleize, président du conseil départemental de Gironde, impliqué dans ce projet, a tenu à préciser que le fait de toucher le RSA ne s’opposait pas à la notion de travail. Pour lui, ce revenu a d’abord vocation « […] de lutter contre la pauvreté, y compris celle des travailleurs pauvres, et d’aider des publics aujourd’hui exclus de tout accompagnement. ». Le dispositif en place veille juste à ne pas oublier ceux qui y ont droit. En effet, on estime qu’environ 35 % des allocataires éligibles ne demandent pas ce Revenu minimum.

Une aide sociale imparfaite

D’autres régions ont mené une expérimentation similaire. Pour Patrick Pignard, vice-président chargé de l’action sociale au conseil départemental de Haute-Garonne, veiller à ce que les bénéficiaires du RSA le touchent est un point essentiel. En effet, ce filet social doit pouvoir venir en aide aux « […] populations en souffrance, comme les agriculteurs, les artisans, et les aidants. »  On constate que ces populations, alors qu’elles sont démunies, ont très rarement recours aux minima sociaux. La non-perception du RSA doit donc être combattue.