Obésité infantile:journée nationale de dépistage et information samedi

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Pour enrayer à temps l’obésité infantile et promouvoir bonnes habitudes alimentaires et activité physique dès la prime enfance, les pédiatres organisent samedi une troisième journée nationale de dépistage gratuit du surpoids et de l’obésité dans une soixantaine de villes.

Jusque vers un an, le bébé grossit. Quand vient l’âge de la marche, il s’affine. “Il doit rester mince jusqu’à 6 ans”, explique le Dr Brigitte Virey, ancienne présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa) et organisatrice de cette journée.

Un “rebond d’adiposité” trop précoce, c’est-à-dire une augmentation des graisses corporelles survenant avant l’âge de 6 ans, est “un signal d’alarme”, selon l’Afpa.

Le tracé de la courbe de corpulence de l’enfant dans le carnet de santé permet de repérer lorsque l’enfant accélère sa prise de poids et de corriger le tir en cas de rebond d’adiposité précoce.

“La plupart des obésités s’installent très tôt, entre 2 et 6 ans”, même si “au début, ça ne se voit pas”, souligne l’Afpa.

Samedi prochain, trois cents pédiatres seront mobilisés (mairies, centres sociaux, crèches, écoles…) dans une soixantaine de villes (détails sur www.afpa.org) pour accueillir les enfants et leurs parents qui devront se munir du carnet de santé.

A l’échelle nationale, environ un enfant sur six serait en surpoids et 4% obèses. Si rien n’est fait, la France pourrait d’ici une quinzaine d’années rejoindre les Etats-Unis en matière d’obésité infantile, met en garde l’Afpa.

Les taux français en 2000 étaient “approximativement ceux observés aux Etats-Unis au début des années 1980”, selon un rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé (Opeps) publié fin 2005. Un enfant sur 5 sera obèse aux Etats-Unis en 2010 si la tendance continue selon un rapport de l’Institut de médecine américain.

La proportion d’enfants en surpoids atteint 25% parmi les plus défavorisés en France et notamment dans les familles de chômeurs, selon une étude de l’Inserm commandée par les parlementaires qui invitaient, dans leur rapport, à subventionner les fruits et légumes pour en réduire le prix.

Manger cinq fruits et légumes par jour, éviter le grignotage, limiter la consommation de produits gras et sucrés, bouger plus, telles sont les recommandations du programme national nutrition et santé (PNNS).

Pour éviter ou contrôler un excès de poids chez l’enfant, les pédiatres rappellent ces conseils et incitent “l’ensemble de la famille à manger mieux” et à faire de l’activité physique : marche, escaliers, vélos, rollers…

Il faut aussi “privilégier une diversification alimentaire tardive chez le nourrissons, se méfier des apports excessifs de protéines”, ajoute l’Afpa, soulignant que la prévention commence aussi “dès la grossesse avec la surveillance régulière du poids et une maîtrise du comportement alimentaire de la future maman”.

Réapprendre à jouer à chat perché dans la cour de récréation, découvrir à la cantine le flan de courgette ou le potiron, aller à pied à l’école grâce à un “bus pédestre”… S’inspirant d’une expérience menée depuis 1992 à Fleurbaix et Lavantie (Pas-de-Calais), les villes partenaires de l’initiative Epode (Ensemble prévenons l’obésité des enfants) essaient depuis 2004 de stabiliser le taux d’obésité des 5 à 12 ans.

Deux-tiers des enfants obèses le resteront à l’âge adulte, avec un risque de complications cardio-vasculaires multiplié par trois, de diabète multiplié par neuf, sans compter les problèmes psychologiques, avertissent les pédiatres.