Patrimoine national : un entretien qui manque de moyens

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L'entretien du patrimoine français manque de moyens.
Entretenir le patrimoine historique du pays demande d'énormes moyens.

Patrimoine national : de nombreux monuments en danger

Notre patrimoine national, dont la richesse est vantée dans le monde entier, nécessiterait un entretien régulier et constant. Pourtant, cet effort est aujourd’hui très insuffisant. Cela entraîne une négligence généralisée, dénoncée par de nombreux spécialistes et historiens d’art. Cette situation préoccupante s’explique par des budgets attribués trop limités.

Des fonds insuffisants

Cette année, les fonds consacrés au patrimoine national représentent 3 % du budget alloué à la Culture. Sachant que ce dernier ne bénéficie lui-même que d’environ 2 % du budget de l’État. Ce constat suffit à faire comprendre que l’entretien de nos biens historiques est forcément très incomplet. En effet, ces faibles fonds ne comblent pas les besoins de nombreux monuments. Ainsi, l’abandon de châteaux, de musées, d’œuvres d’art et de lieux de culte est l’une des plaies du pays. Malheureusement, cette réalité alarmante s’observe sur tout notre territoire. Le pays doit donc faire face à une réalité inquiétante : notre patrimoine a des besoins très supérieurs aux ressources qu’on lui donne.

Une participation publique trop faible

En France, la part dédiée à l’entretien du patrimoine provient du budget alloué à la Culture. Il représente à peine plus d’un milliard d’euros, en autorisations d’engagement. Plus précisément, concernant nos monuments, le partage des budgets disponibles représente deux catégories. La première, dédiée à la rénovation des monuments historiques dits « grands projets », bénéficie de 130 millions d’euros. La seconde, attribuée à « l’entretien et la restauration des monuments historiques », profite de 326 millions d’euros. Une partie de ces fonds sont redistribués aux collectivités territoriales. Cette part représente 210 millions d’euros. A ce jour, cette somme doit servir à restaurer 44.000 immeubles classés et environ 290.000 objets.

Une répartition à connaître

En France, les dons privés en faveur du patrimoine sont en hausse.
De nombreux monuments historiques français sont laissés à l’abandon.

Il faut savoir qu’aujourd’hui une majorité des monuments historiques français  n’appartient plus à l’État. Désormais, les propriétaires sont les collectivités territoriales, à hauteur de 51 %. Le reste appartient à des propriétaires privés, à hauteur de 46 %. Fréquemment, cette situation oblige les communes à entretenir elles-mêmes leur patrimoine local, même si elles sont parfois aidées par l’Etat.

La nécessité des aides privées

Ces dernières années, pour entretenir le patrimoine national, on observe un apport croissant provenant du secteur privé. Notamment à travers le mécénat d’entreprise. A l’évidence, celui-ci s’est beaucoup étendu. En sept ans, il est passé de 945 millions de dons déclarés, en 2010, à près de 2 milliards en 2017. La défiscalisation, applicable aux groupes privés comme aux personnes, a encouragé cette hausse. Dans ce domaine, l’usage mondial d’Internet a également permis de réunir des cagnottes importantes, sur certains projets de rénovation. De cette manière, les internautes ont pu se transformer en mécènes, en faisant des dons spontanés. Enfin, une opération comme le Loto du Patrimoine, soutenue par le ministère de la Culture, a aussi aidé à réunir des fonds considérables. En 2018, cette initiative a rassemblé la somme de 21 millions d’euros.