Paysans français producteurs de lait : une inquiétude latente persiste.

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Paysans français : ils restent dans l’incertitude sur le futur prix du lait.

De nombreuses interrogations demeurent sur l’évolution du prix du lait, qui reste préoccupante pour beaucoup de paysans français. La production dans les pays européens semble en effet repartir à la hausse, alors qu’un stock important de poudre de lait écrémé, estimé à 380.000 tonnes, reste à écouler en Europe.

paysans-français-laitDans un contexte très concurrentiel, la guerre des prix entre l’Allemagne et la France, qui sont les deux principaux producteurs, reste constante. Cela explique que la loi de régulation, récemment voulue par le Gouvernement, ne parvienne pas à rassurer les professionnels du secteur du lait. Le prix payé aux producteurs pourrait en effet de nouveau baisser en 2018, après avoir légèrement augmenté l’année dernière.

Plusieurs indices préoccupants poussent à le croire. La collecte du lait a récemment augmenté de 2 à 3 %, alors qu’un stock important de poudre de lait écrémé, dû à une surproduction européenne accumulée en 2015 et 2016, est aujourd’hui difficilement vendable.

Les grandes laiteries industrielles se servent aujourd’hui de ce stock de lait en poudre pour justifier le fait qu’elles payent moins bien les producteurs français. Or, parallèlement, elles continuent de faire de gros profits grâce aux produits frais.

Face à l’Allemagne, qui produit actuellement 21 % du lait européen, la France occupe la seconde place, avec une quantité de 16 %. Depuis 2014, avant que la fin des quotas par pays ne soit appliquée, les producteurs français été déjà été moins bien payés que leurs homologues allemands. Un écart encore accentué par des coûts de production qui, eux, augmentent.

En 2015 et 2016, une majorité de producteurs français de lait de vache, impactés par la disparition des quotas de production par pays, ont perçu pour leur lait un prix souvent inférieur à leurs coûts de production. Or cette perte n’a pas été comblée par le redressement des prix enregistré en 2017.

Cette année, Bruxelles a signalé en janvier une baisse moyenne du prix du lait à la ferme, de l’ordre de 4,7 %. Par ailleurs, en mars dernier, Sodiaal et Lactalis, deux laiteries françaises majeures, ont décidé de ne plus payer les 1.000 litres de lait qu’entre 308,80 € et 315 €. Elles ont de plus annoncé des prix encore plus bas pour les mois à venir.

Thierry Roquefeuil, président de la Fédération Nationale des Producteurs de Lait, a récemment demandé au ministre de l’Agriculture de ne pas oublier que la mise en place : « […] des États généraux de l’Alimentation (fait) suite à la crise laitière […] (et qu’il n’est) plus supportable que les producteurs de lait ne vivent plus de leur métier. »

Aujourd’hui, la hausse de la production européenne risque de pousser les distributeurs français à importer encore plus de produits laitiers, afin de faire chuter le prix du lait produit dans l’Hexagone. C’est précisément ce qui inquiète maintenant les paysans français, qui restent dubitatifs face à la loi voulue par Emmanuel Macron et le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert, destinée à maintenir un prix décent du lait.