Pesticides néonicotinoïdes : une interdiction réelle qui se fait attendre

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Pesticides néonicotinoïdes : prohibés, mais avec des dérogations.

En 2016, les députés ont décidé d’interdire en France les insecticides appartenant à la catégorie des néonicotinoïdes, responsables notamment d’une très forte disparition des abeilles. Cette interdiction, qui devrait normalement être effective dès septembre 2018, tolère néanmoins des exceptions jusqu’en juillet 2020.

pesticides-neonicotinoides-interdictionAprès avoir été débattu à l’Assemblée nationale, le projet de loi prohibant l’usage de ces pesticides, qui concerne à la fois la protection de l’environnement, l’agriculture et la santé, tarde à être mis en place. Aujourd’hui, l’interdiction complète des néonicotinoïdes n’est toujours appliquée, car des dérogations ont été permises. Cette tolérance doit permettre aux agriculteurs concernés de trouver des solutions de substitution. En attendant, les apiculteurs constatent que ces produits sont toujours utilisés et qu’ils continuent de décimer les abeilles.

Actuellement, l’amendement concernant le retrait complet des néonicotinoïdes est fortement critiqué par certains parlementaires, qui regrettent que son application ne soit pas plus rapide.

L’interdiction initialement votée concerne trois molécules : l’imidaclopride, la clothianidine et le thiaméthoxame. Problème : si cette loi représente une victoire pour les apiculteurs, elle est vivement contestée par certains céréaliers, qui considèrent aujourd’hui ces pesticides indispensables au maintien de leurs cultures.

 Les néonicotinoïdes sont désormais connus pour leur dangerosité concernant les abeilles. Ils sont aussi nocifs pour les pollinisateurs sauvages, tels que les bourdons et les papillons. Leur interdiction devrait s’appliquer à de nombreuses cultures, dont celles du tournesol, du maïs, du colza et des betteraves.

Selon des statistiques provenant du ministère de l’Agriculture, malgré le moratoire qui prohibe leur usage en Europe, l’usage de ces pesticides a fortement augmenté en France ces dernières années.

D’après des associations de protection de la nature, ces pesticides neurotoxiques décimeraient chaque année en France 300.000 colonies d’abeilles. Progressivement, cela a entraîné une très nette chute de la production du miel dans le pays. En 2015, on estimait qu’elle avait déjà baissé de moitié.

À court terme, l’usage de ces pesticides, presque totalement interdit en plein air par l’Union Européenne, ne devrait plus être permis que dans des serres.