Pharmacies : des fermetures records enregistrées dans l’Hexagone

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Beaucoup de pharmacies ferment en France.
La France n'a jamais connu autant de fermetures de pharmacies en 10 ans.

Pharmacies : des changements visibles

Dernièrement, les pharmacies françaises ont enregistré un nombre croissant de fermetures. Ainsi, l’année dernière, 240 officines ont fermé, dont 226 en métropole. Ce chiffre établit un record, jamais atteint depuis dix ans. Cependant, le nombre total des pharmaciens reste stable.

Une évolution évidente

En France, quatre pharmacies disparaissent chaque semaine. Ce chiffre marque une augmentation significative des fermetures d’officines sur le territoire. Comparativement à 2017, en pourcentage, cela correspond à une hausse de 17 %. Désormais, d’après les chiffres communiqués par l’Ordre National des Pharmaciens, la France ne compte plus que 21.665 officines. Parmi elles, 20.966 se trouvent en métropole. Dans le classement par région, l’Ile-de-France a subi le nombre le plus élevé de fermetures. En effet, sur les quatre dernières années, 249 pharmacies ont disparu. Comparativement à d’autres départements, c’est énorme. Pour exemple, la Normandie n’en a enregistré que 43. En région Auvergne-Rhône-Alpes, à peine plus d’une centaine.

Un maillage en apparence satisfaisant

Malgré les disparitions enregistrées, l’Ordre National des Pharmaciens considère que le maillage territorial reste équilibré. De fait, il continue à offrir dans le pays un peu plus de 32 pharmacies par tranche de 100.000 habitants. Si cette proportion semble rassurante, elle cache cependant un phénomène sournois, plus préoccupant. Celui du retrait des officines dans les territoires peu habités. Par ailleurs, ce phénomène affecte beaucoup plus les officines modestes. En effet, on sait que 70 % des pharmacies qui ont dû fermer avaient un chiffre d’affaires inférieur à un million d’euros.

Des causes connues

L’affaiblissement du nombre global des pharmacies françaises s’explique par différents facteurs, tous bien connus. D’abord, les départs à la retraite des pharmaciens seniors. En effet, au moment de partir, ils ne trouvent pas forcément de repreneur. Cette situation expliquerait environ 32 % ds fermetures définitives. Par ailleurs, la rémunération réglementaire des pharmaciens a récemment changé. Désormais, ils sont rémunérés à l’acte, et plus sur le prix de vente des médicaments. Pour eux, cela entraîne une modification de revenus.

De nouvelles attributions

Les régions peu habitées risquent de manquer de pharmacies.
Le réseau des pharmacies françaises est en cours de restructuration.

Dernièrement, les pharmaciens ont vu leurs fonctions évoluer. Ainsi, ils doivent maintenant effectuer de nouveaux actes. Par exemple, des vaccinations, ou encore des consultations médicales simplifiées, permises par la télémédecine. Face à cette évolution de leur métier, certains pharmaciens ont choisi de se regrouper. Cela leur a notamment permis de mieux gérer leurs stocks et leur personnel. Ces divers regroupements ont fait éclore de nouvelles enseignes. Notamment ParisPharma et Pharmabest. Progressivement, cette forme de restructuration a modifié le maillage habituel des officines. Principalement dans les métropoles. Aujourd’hui, ces nouvelles structures d’accueil représentent un chiffre d’affaires important du secteur. Il est estimé à 5 milliards d’euros, sur les médicaments remboursables. Ces décisions volontaires, motivées par la nécessité, expliqueraient environ 20 % des fermetures constatées.

Une accélération possible

Au cours des dix dernières années, 1.556 pharmacies ont fermé. Ce constat est indiscutable. Cependant, cette tendance pourrait encore s’accélérer. Elle s’explique notamment par le fait que plus de 35 % des étudiants en pharmacie ne s’inscrivent pas à l’Ordre à la fin de leurs études. Cette tendance est ressortie d’un récent rapport, réalisé à la demande de l’Ordre National des Pharmaciens. Il apparaîtrait qu’à la fin de leur cursus, environ un tiers de ces étudiants préfère s’orienter vers d’autres métiers. Entre autres, ceux proposés dans les secteurs du marketing ou de la communication. Par ailleurs, l’enseignement, la recherche et le journalisme scientifique les attirent aussi.