Plan d’urgence : la crise de l’hôpital public calmée mais pas éteinte

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Le Plan d'urgence du Gouvernement devrait soulager l'hôpital public.

Plan d’urgence : des mesures salutaires mais jugées insuffisantes

Face à la forte colère et à l’extrême fatigue exprimés par les personnels soignants depuis huit mois, le Gouvernement a réagi. De fait, cette crise médicale concerne tous les Français. L’exécutif s’est donc décidé à apporter un remède financier, via un Plan d’urgence. Son but est de « redonner de l’oxygène » à l’hôpital public.

Pour apaiser une crise aigüe

Ce mercredi, un Plan d’urgence a donc été lancé, pour apaiser une crise aigüe qui s’éternise. Ainsi, l’exécutif a annoncé qu’il allait allouer un financement supplémentaire de 1,5 milliard d’euros au secteur médical public. Ce, étalé sur trois ans. Par ailleurs, l’Etat devrait reprendre un tiers de la dette hospitalière. Ce qui est une véritable décision « de rupture ». En effet, cette reprise s’élèverait à 10 millards d’euros. Enfin, le versement de nouvelles primes aux personnels concernés devrait rapidement avoir lieu. Au final, courant 2020, 300 millions d’euros seront ajoutés au projet de loi destiné à financer la Sécurité sociale. Ainsi, cet apport portera les dépenses globales consacrées à l’Assurance maladie à 2,45 %, contre 2,3 % aujourd’hui. De cette manière, d’après les calculs de la Fédération Hospitalière de France, l’Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie, l’ONDAM, passera de 2,1 % à 2,5 %.

Des efforts complémentaires

Les cadeaux du Gouvernement, prévus dans son Plan d'urgence, sont jugés encore insuffisants par de nombreux professionnels de santé.
Les cadeaux du Gouvernement, prévus dans son Plan d’urgence, sont jugés encore insuffisants par de nombreux professionnels de santé. Certains restent insatisfaits.

En contrepartie de ce Plan d’urgence, le Gouvernement a demandé aux hôpitaux d’appliquer les réformes qu’il a préconisées. Notamment au niveau de la gestion des services d’urgences. Problème, cette demande semble inadaptée aux contraintes réelles, d’après les spécialistes de ce secteur. Enfin, et c’était un point majeur, la fin de la tarification des soins faite à l’acte semble être envisagée. De plus, concernant les bâtiments hospitaliers, souvent trop anciens ou abîmés, le Gouvernement a prévu d’investir 150 millions d’euros. Ce, pour acheter du matériel permettant d’effectuer une « rénovation légère » des locaux utilisés. Toutes ces décisions devront être mises en place au premier semestre 2020. De fait, le Gouvernement souhaite apporter une solution rapide à la baisse de 50 % de budget que l’hôpital public a subie en dix ans. Ainsi, l’exécutif entend montrer qu’il est capable « d’un geste fort ».

Un statut remanié des médecins hospitaliers

Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a aussi annoncé dans ce Plan d’urgence une autre réforme. Elle devrait avoir lieu « dans les six mois, et pas un de plus ». Elle concerne le statut des médecins hospitaliers. Ce changement annoncé sera un révision « de fond en comble » de leur statut actuel. En effet, madame Buzyn veut rapidement instaurer un « assouplissement » dans ce domaine. Car elle admet que ce statut n’est « plus adapté aux besoins ni aux aspirations » du monde médical d’aujourd’hui. Par conséquent, elle veut permettre que les activités non-cliniques soient désormais mieux reconnues. Cela concernerait, entre autres, la recherche, l’encadrement ou l’enseignement. Par ailleurs, la ministre souhaite que la rémunération des médecins hospitaliers devienne variable. Enfin, elle veut permettre à ces médecins de devenir, quand ils le souhaitent, des chefs d’établissement.