Professions libérales : un net refus de la réforme des retraites

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Cropped Les Pilotes De Ligne Sont Descendus Dans La Rue Contre La Re Forme Des Retraites

Professions libérales : un régime indépendant qui se défend

Lundi dernier, différentes professions libérales sont descendues dans la rue pour défendre leur système de retraite spécifique. Ainsi, des personnels navigants, des avocats et diverses professions médicales ont manifesté ensemble pour « préserver leurs droits ».

Un mouvement très motivé

Ce lundi 16 septembre, quatorze professions libérales, pourtant très rares à manifester, se sont retrouvées devant le Palais Garnier, à Paris. Ainsi, des pilotes, des stewards, des hôtesses de l’air, des avocats, des infirmières et des médecins, représentant différentes spécialités, se sont regroupés Place de l’Opéra. L’objectif de ce rassemblement était de contester la disparition des caisses autonomes de retraite des professions présentes. Ainsi, les manifestants étaient fermement opposés à un transfert de leurs réserves financières vers un système universel. Actuellement, la mutation vers ce nouveau dispositif est défendu par le Haut-Commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye. Dans la rue, parmi ces professions libérales, la plus représentée était celle des avocats. Tous réclamaient que leurs caisses de retraits restent autonomes. De fait, pour eux, cette revendication est légitime, car ils n’ont « […] jamais demandé un euro aux contribuables ». Un argument également défendu par Yves Deshayes, le président du Syndicat National des Pilotes de Lignes.

Une transition jugée inacceptable

Les professions libérales médicales veulent conserver leur régime de retraite.
La réforme des retraites ne convient pas aux professions libérales.

Pour Grégoire Aplincourt, président du Syndicat des Pilotes d’Air France, adhérer au système universel des retraites reviendrait à « donner la gestion de notre caisse de retraite à un Etat qui n’a jamais su gérer le financement des retraites ». Pour de nombreux manifestants qui composaient ce cortège de professions libérales, le projet du Gouvernement est injuste. En effet, ils considèrent que cette réforme consiste à confisquer les réserves économisées par les professions libérales pour “redresser le régime général”. D’ailleurs, certaines pancartes arboraient le slogan « Une retraite, pas la traite ». Ainsi, pour les métiers représentés, la réforme qui se prépare représente ni plus ni moins une « spoliation de biens privés ». Actuellement, la réserve de la caisse de retraite des avocats s’élèverait à un plus de 2 milliards d’euros. Or, la perspective que l’Etat puisse puiser dans ces fonds ulcère les adhérents qui ont cotisé à des caisses indépendantes.

Des craintes de disparition de la justice de proximité

Pour de nombreux avocats, la mise en place d’une réforme qui supprimerait leur régime spécifique risquerait aussi de faire disparaître certaines pratiques. Comme celle du pro bono, qui consiste à défendre des contribuables désargentés pour un prix modique, voire gratuitement. Ainsi, avec le système universel, seuls des cabinets très coûteux pourraient survivre. Cela priverait d’avocats une majorité de personnes justiciables. Par conséquent, l’importante manifestation de lundi dernier avait pour but de défendre les retraites des professions libérales, mais aussi l’accès à la justice et aux soins du plus grand nombre des Français.