Radars-tourelles : de nouvelles cibles pour le vandalisme

0
5752
Des radars-tourelles ont commencé à être installés en France. Malheureusement, ils sont déjà vandalisés.

Radars-tourelles : une efficacité surestimée

Un an après le début du mouvement social des Gilets jaunes, qui ont détruit de nombreux radars automatiques dans toute la France, tous ne sont pas encore réparés. Face à cette situation, la Sécurité routière a commencé à remplacer ces appareils par des radars-tourelles tout neufs.

Une vaste opération de remplacement

Depuis plusieurs mois, la Sécurité routière a cessé de donner des informations sur le nombre de radars routiers automatiques détruits ou dégradés. Cela, pour « […] éviter un effet de challenge entre départements et ne pas inciter à de nouvelles dégradations ». Néanmoins, pour réagir à la vague de vandalisme qui a coïncidé avec le début du mouvement des Gilets jaunes, l’exécutif a décidé de remplacer les radars mis hors d’usage par des radars-tourelles. Ces derniers, placés beaucoup plus en hauteur, sont censés mieux résister aux agressions. Emmanuel Barbe, délégué interministériel, a annoncé à la presse que 450 de ces appareils seront déployés d’ici la fin de l’année. Et d’ici la fin 2020, 1.200 de ces radars de nouvelle génération devraient être opérationnels.

Des résultats contrastés

En mars dernier, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, a révélé un chiffre édifiant concernant les radars automatiques. Ainsi, selon lui, 75 % de ces appareils étaient à cette époque « […] soit détruits, soit détériorés, soit attaqués, soit neutralisés ». Ce pourcentage s’appliquait aux 2.248 radars répartis sur l’ensemble des routes du territoire. Aujourd’hui, la situation a évolué, notamment grâce aux remplacement déjà réalisés. Cependant, plusieurs centaines d’appareils restent encore à remplacer ou à réparer. De plus, le nombre des radars en état de fonctionner varie beaucoup d’un département à l’autre. Par exemple, en Mayenne, la totalité des vingt-deux radars mis en place sont à nouveau opérationnels. En revanche, dans l’Yonne, on croise souvent des radars vandalisés et aveuglés par des bâches, au bord des routes.

Des attentes déjà déçues

La stratégie des nouveaux radars-tourelles risque de ne pas tenir ses promesses.
La stratégie des nouveaux radars-tourelles risque déjà de ne pas tenir ses promesses.

Pour combler la pénurie actuelle de radars, la Sécurité routière a décidé de remplacer les radars automatiques trop abîmés par des radars-tourelles, d’une conception plus sophistiquée. De plus, ces appareils sont désormais placés en hauteur, sur des mâts, afin d’éviter toute dégradation. En théorie, une stratégie mûrement réfléchie, mais qui sur le terrain ne comble pas toutes les attentes. Loin de là. En effet, à l’usage, ces nouvelles cabines placées loin du sol révèlent également des points faibles. De fait, les casseurs ont déjà prouvé qu’ils réussissaient très bien à les vandaliser. Tout comme les anciens radars automatiques.

Un rejet des Associations des Victimes de la Route

En dehors de leur vulnérabilité, assurément décevante, ces nouveaux radars-tourelles se sont aussi distingués dans un domaine que la Sécurité routière n’avait pas prévu : irriter les associations des victimes de la route. De fait, ces associations réclament maintenant l’arrêt de ces installations. Ainsi, Chantal Perrichon, présidente de la Ligue Contre la Violence Routière, s’est exprimée clairement à ce sujet. Récemment, elle a déclaré qu’il fallait stopper ces aménagements routiers, jugés inefficaces. Pour elle, ils entraînent « […] un coût très élevé pour la collectivité. » De plus, ils ne servent « […] qu’à offrir de nouveaux jouets aux casseurs ! ». Une situation qui ulcère les associations. D’autant plus que « […] les sanctions ne sont pas à la hauteur […] » A la place, Chantal Perrichon encourage plutôt le Gouvernement à copier la stratégie anglaise. A savoir, utiliser « des voitures banalisées équipées de radars mobiles ». Selon elle, une tactique bien plus efficace que les radars-tourelles, mais qui reste encore trop expérimentale en France.