Reconnaissance faciale : “AliceM” un projet d’application qui inquiète

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Reconnaissance faciale : vers un nouveau moyen d’authentification

Un décret a validé le développement d’une application de reconnaissance faciale, le 13 mai dernier. Ainsi, le Gouvernement a approuvé le principe d’une identification automatique biométrique. Elle pourrait bientôt servir sur le territoire. Il s’agit d’une application mobile. Pour le moment, elle n’est disponible que sur Android. Son nom est “AliceM”.

Une opposition naissante

L’usage de ce procédé serait une première en France. Cependant, l’exécutif a récemment approuvé le principe de ce système de reconnaissance faciale. Il serait destiné à vérifier l’identité des citoyens. Mais cette application, actuellement en phase de test, inquiète déjà certaines associations. De fait, celles-ci redoutent des dérives possibles. Pour cela, elles s’appuient sur l’exemple d’abus vus à l’étranger. Parmi eux, les plus connus surviennent en Chine.

Un projet déjà controversé

L’application en question, “AliceM”, est l’acronyme de “Authentification en ligne certifiée sur mobile”. Le ministère de l’Intérieur y travaille depuis plusieurs années. Une fois mise en service, elle pourrait servir à identifier une personne via un smartphone. Pour fonctionner, il lui suffirait d’accéder à des sites des services publics. Notamment, ceux regroupés sur le portail “FranceConnect”. Son usage serait aussi simple que la consultation du site de l’Assurance maladie.

Des risques de rejet

Cependant, ce projet suscite des craintes. Il pourrait même se heurter à un rejet. Ainsi, en 2012, le Conseil constitutionnel avait déjà refusé la création d’une base de données biométriques. Pourtant, l’Agence Nationale des Titres Sécurisés l’avait validée. Finalement, cette base de données était apparue comme anticonstitutionnelle. Malgré tout, Christophe Castaner a déclaré qu’il voulait que tous les Français puissent prouver leur identité en ligne d’ici 2020. Notamment, dans le but de lutter contre les risques de cybermenace.

Une demande d’annulation

La reconnaissance faciale est un procédé utile mais qui inquiète.
L’application mobile “AliceM” pourrait banaliser la reconnaissance faciale sur le territoire.

Le 15 juillet dernier, l’Association La Quadrature du Net a contesté le décret concernant “AliceM”. Cette Association défend les libertés numériques. D’ailleurs, elle a déposé un recours au Conseil d’Etat, afin de faire annuler ce décret. Avant tout, elle conteste le fait qu’un utilisateur ne puisse pas s’opposer au procédé de reconnaissance faciale. En effet, ce système est obligatoire si l’on veut accéder à des services publics dématérialisés, via “AliceM”. Pour la Quadrature du Net, en acceptant ce principe, l’État ne respecte pas certaines règles. Dont celles du Règlement Général sur la Protection des Données Personnelles, le RGPD. De plus, la CNIL a aussi demandé au Gouvernement de proposer une alternative au projet “AliceM”.

L’application de reconnaissance faciale à l’étude

Pour l’instant, le Gouvernement est encore en phase de réflexion par rapport à l’utilisation libre de cette application. De fait, il n’a toujours pas donné de date de lancement pour l’usage “AliceM”. Par conséquent, il faudra attendre avant de savoir si ce projet aboutira. Par ailleurs, le recours déposé par l’Association La Quadrature du Net nécessitera au moins un an avant d’être étudié.

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