Refus de patients : presqu’un médecin généraliste sur deux

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Le refus de patients est pratiqué en France par près d'un médecin sur deux.

Refus de patients : un constat alarmant

Une récente enquête publiée par le magazine UFC-Que Choisir vient de révéler que près d’un médecin généraliste sur deux refusait aujourd’hui en France de soigner de nouveaux patients. Soit précisément 44 % des praticiens interrogés. Ce bilan est évidemment alarmant, car il remet gravement en cause le principe, en théorie acquis, d’un accès facile aux soins pour tous les citoyens.

Une étude très préoccupante

A l’évidence, les conclusions de l’enquête menée par UFC-Que Choisir sont très préoccupantes. Car en plus de mettre en évidence la difficulté à se faire soigner dans l’Hexagone, elle montre que cette situation varie beaucoup en fonction du lieu de résidence. En clair, une nette disparité en matière d’offre de soins existe suivant les régions. Actuellement, le chiffre moyen de 44 % de refus de patients s’appuie sur une étude menée auprès de 2.770 médecins généralistes, dans 78 départements. En 2019, ce constat est pour le moins inquiétant. D’autant plus que les députés tardent à étudier et à discuter une nouvelle proposition de loi qui limitera les déserts médicaux. Cependant, ce débat va bientôt reprendre.

Un droit essentiel remis en cause

Quoi qu’il en soit, la situation actuelle est largement insatisfaisante pour les Français. Avec un pourcentage potentiel moyen de 44 % de refus de patients, ils ne peuvent plus compter sur une prise en charge médicale dès qu’ils en ont besoin. Surtout dans un contexte où près d’un généraliste sur dix déclare qu’il demande à voir d’abord un patient avant d’accepter de le soigner.

Des disparités importantes suivant les régions

Très détaillée, l’enquête d’UFC-Que Choisir fait apparaître des comportements variables concernant le refus de patients, par rapport aux régions étudiées. Ainsi, des écarts très significatifs existent en fonction du département où l’on cherche à se faire soigner. Par exemple, si l’on a la « chance » d’habiter dans le Bas-Rhin, la Meurthe-et-Moselle et les Pyrénées-Atlantiques, on ne sera exposé qu’à environ 20 % de refus. En revanche, si l’on a la « malchance » de vivre dans l’Allier, ce risque peut monter jusqu’à 70 % ! Pire, un habitant de Charente sera confronté à 78 % de rejet ! Et enfin, en Seine-et-Marne, le pourcentage de refus de patients peut atteindre jusqu’à 86 % !

Une réforme à faire d’urgence

Bien sûr, de tels chiffres encouragent à réformer d’urgence la répartition actuelle des praticiens sur l’ensemble du territoire. D’autant plus que l’un des paramètres de ce problème est insoluble à court terme. De fait, il s’agit du départ à la retraite d’une partie des généralistes concernés. En effet, parmi eux, 14 % sont sur le point de cesser leur activité pour une question d’âge. Par conséquent, on ne pourra améliorer l’offre de soins avec des effectifs supplémentaires qu’auprès des 71 % de professionnels de santé qui se plaignent d’avoir trop de patients.

Un pic de refus près des communes de taille moyenne

Le refus de patients, observé chez de nombreux médecins généralistes, bloque l'accès normal aux soins médicaux.
Le refus de patients, observé chez de nombreux médecins généralistes, bloque l’accès normal aux soins médicaux.

L’enquête d’UFC-Que Choisir révèle que la plus grande difficulté à se faire soigner par un généraliste se rencontre en périphérie des communes de taille moyenne. Plus précisément, le refus de patients observé dans les communes de moins de 3.000 habitants est de 33 %. Il monte à 34 % dans les communes de plus de 10.000 habitants. Et dans les villes qui dépassent la limite des 100.000 personnes, ce chiffre peut atteindre les 52 % !

Une idée fausse

Ainsi, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le refus de patients ne ne pratique pas plus dans les zones les moins denses. Donc, cette difficulté n’est pas forcément liée aux déserts médicaux. D’ailleurs, en général, l’étude a constaté que les généralistes installés en zones rurales évitaient plutôt de refuser de nouveaux patients. Cela, pour éviter de les laisser sans soins. A l’inverse, le refus de patients constaté à proximité des villes moyennes est justement dû au nombre suffisant de généralistes présents dans ces zones. Ce maillage important déculpabilise certains praticiens lorsqu’ils refusent une prise en charge.