Rejet du Libra : l’opposition ferme de Bruno Le Maire

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Le projet du Libra est vu comme une menace pour l'équiilibre financier mondial.

Rejet du Libra : Facebook représente un risque

Jeudi dernier, lors d’une conférence de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, a réaffirmé son rejet du Libra. En effet, il considère que face à ce projet de monnaie digitale privée lancé par Facebook « La souveraineté monétaire des États est en jeu. »

Vers un veto européen

A l’occasion d’un forum consacré à la nouvelle technologie Blockchain, qui se tenait à l’OCDE, Bruno Le Maire est revenu sur son complet rejet du Libra. De fait, le ministre de l’Économie et des Finances n’a pas mâché ses mots. Ainsi, il a réaffirmé avec force que la cryptomonnaie décentralisée de Facebook ne serait pas bien accueillie en Europe. Pour le faire comprendre, il a déclaré « Je veux le dire avec beaucoup de clarté : dans ces conditions, nous ne pouvons pas autoriser le développement de Libra sur le sol européen. » Une position on ne peut plus claire.

Un risque de déstabilisation mondiale

Pour Bruno Le Maire, laisser le Libra se développere serait dangereux pour les banques centrales.
Le lancement du Libra est un projet jugé dangereux par Bruno Le Maire.

Pour Bruno Le Maire, la création d’une monnaie privée représente pour les États un réel danger. Surtout pour ceux dont la devise est faible. Pour faire comprendre sa position, il a martelé « […] Le Libra se substituera a des monnaies souveraines et remettra en cause l’indépendance des États. » Par ailleurs, Bruno Le Maire a rappelé que le Libra constituerait un moyen idéal de favoriser le blanchiment d’argent. De même, il pourrait permettre de financer le terrorisme de façon opaque.

Ne pas affaiblir le système monétaire global

Malgré son rejet du Libra, Bruno Le Maire admet que le projet de Facebook oblige à réfléchir à deux thèmes importants. D’abord, trouver un moyen de faire baisser les coûts des paiements internationaux, actuellement pratiqués par les banques dans le monde. Ensuite, l’idée de créer une monnaie digitale publique émise par les banques centrales est-elle vraiment possible ? Ce second thème sera sans doute débattu mi-octobre à Washington, au cours des rencontres entre les divers ministres des Finances. Par ailleurs, on sait que la Chine travaille elle aussi à l’élaboration d’une monnaie numérique publique. Par conséquent, une nouvelle proposition pourrait naître dans quelques mois de ces efforts. Cet autre projet serait alors un concurrent du Libra. De leur côté, les promoteurs du Libra continuent de défendre le lancement de leur cryptomonnaie. Ainsi, ils pensent pouvoir aboutir rapidement « […] à un projet sûr, transparent et centré sur ses utilisateurs ». D’ailleurs, ils viennent de demander au Régulateur financier suisse l’autorisation officielle d’émettre leur système de paiement.