Reprise de la dette SNCF : un tournant dans les négociations ?

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Reprise de la dette SNCF : un geste qui montre une volonté d’ouverture.

À Matignon, l’annonce faite par le Premier ministre Édouard Philippe d’une prise en charge partielle par l’État de la dette de la SNCF, lors des échanges menés vendredi dernier avec les syndicats de cheminots, pourrait être déterminante pour sortir du conflit engagé.

reprise-dette-sncf-tournantLe montant de cette dette, accumulée pendant de nombreuses années par SNCF Réseau, s’élève actuellement à environ 47 milliards d’euros. L’État s’est engagé ce vendredi à en reprendre une large part. Les modalités de cette reprise reste maintenant à définir.

Les usagers se demandent désormais si ce geste de l’exécutif va permettre de faire cesser la grève, qui entre aujourd’hui dans son 23e jour.

En allégeant considérablement le poids du fardeau financier du secteur ferroviaire, chiffré à près de 50 millions d’euros, le Gouvernement fait un geste important.

Presque aussi ancienne que la mise en service des trains français, cette dette a été créée par la création même du réseau. En effet, la construction d’une énorme quantité de voies ferrées, de ponts, de tunnels et de gares pour accueillir les voyageurs a entraîné des investissements astronomiques.

 Pour tenter de résorber les déficits engendrés par ses travaux, les compagnies privées se sont nationalisées en 1937, ce qui les a fait s’unir sous le sigle « SNCF ». Cependant, cette dette colossale n’a pas cessé de grandir depuis, touchant ainsi de façon conjointe le Réseau Ferré de France (RFF), à hauteur de 20 milliards, et le réseau des Lignes à Grandes Vitesses (LGV), pour une somme de 13,5 milliards d’euros.

 Ensuite, les investissements nécessaires à la création des TGV sont venus aggraver le déficit accumulé, avec un montant de 7,2 milliards d’euros. Au fil du temps, la nécessité d’électrifier le réseau, des rénovations globales indispensables, puis des retards de paiements causés par certaines collectivités ont encore gonflé cette dette pharaonique. Aujourd’hui, celle-ci génère chaque année 1,5 milliard d’euros d’intérêts pour la SNCF.

Si la reprise d’une partie de la dette est un signal positif, au moins pour certains syndicats de cheminots, elle n’apaise cependant pas les revendications liées à la protection du statut des cheminots et de leur convention collective. Sans garanties à ce niveau, certains syndicats se sont prononcés en faveur du maintien de la grève. Il faudra donc encore attendre un moment avant de se réjouir.