Retard dans la 5G : la France est en train de perdre du temps

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Le retard dans la 5G pris par la France est préjudiciable pour elle à de nombreux niveaux.

Retard dans la 5G : des enchères de fréquences désorganisées

Actuellement, en France, le dispositif permettant d’organiser les enchères des fréquences à attribuer fait prendre du retard dans la 5G. Normalement, ces enchères auraient déjà dû être amorcées. Or, elles sont toujours en cours de discussions.

Un démarrage sans doute repoussé

Finalement, les enchères concernant les fréquences dédiées à la 5G pourrait attendre jusqu’en 2020. En principe, leur lancement aurait dû commencer dès cette année. Cependant, les pourparlers qui s’accumulent à ce sujet pourraient entraîner un fort retard dans la 5G. Donc, de son futur déploiement sur notre territoire. En tous cas, le report à l’année prochaine des attributions des fréquences prévues se confirme de jour en jour. Par conséquent, le démarrage effectif des premiers réseaux 5G dans le pays risque d’être repoussé. Pour preuve, ce 19 novembre, l’agence de presse Reuters signalait de réelles difficultés entre le ministère de l’Économie et des Finances et le Régulateur des télécoms, l’ARCEP. En effet, il semblerait que le ministère cherche à vendre les tranches de fréquences au prix fort. Or, cela ne convient pas à l’ARCEP. Car elle voudrait laisser aux opérateurs des moyens suffisants pour investir ensuite dans les futurs réseaux 5G.

Mettre les bouchées doubles

Le retard dans la 5G accumulé par la France la disqualifie par rapport aux réseaux internationaux déjà existants.
Le retard dans la 5G accumulé par la France la disqualifie par rapport aux réseaux internationaux qui sont déjà en activité.

Concrètement, suite à ces démêlés, l’attribution des fréquences pourrait seulement commencer en mars 2020. De fait, cela entraînera aussi un décalage dans la publication des décisions prises. Autrement dit, la commercialisation des premiers réseaux pourrait n’être amorcée qu’en juin 2020, voire plus tard. Cela renforcerait encore plus le retard dans la 5G pris par la France, par rapport aux autres pays leaders européens. En effet, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Suisse, l’Espagne, l’Autriche, la Finlande, la Roumanie, l’Irlande, l’Italie et Monaco ont déjà commencé à activer des réseaux proposant de l’Ultra Haut Débit mobile à leurs habitants. Pour les rattraper, la France va devoir mettre les bouchées doubles, lorsqu’elle commencera à déployer ses propres infrastructures. Elle pourra alors faire partie des pays qui, comme les USA, la Chine, l’Australie, la Corée du Sud, l’Afrique du Sud, les Philippines, l’Uruguay, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït et Bahreïn bénéficient déjà des énormes avantages de la 5G.

Une révolution technologique urgente

Le fait d’accumuler du retard dans la 5G est incontestablement regrettable pour la France. A l’évidence, vu l‘ampleur des progrès qu’elle permettra, cette perte de temps est préjudiciable. Non seulement pour les usagers de smartphones, mais surtout pour tout le secteur industriel. En effet, à terme, ce bon technologique représentera beaucoup plus que l’abandon de la technologie 4G. De fait, les débits décuplés de la 5G, sa latence extrêmement basse, et sa capacité à acheminer un très grand nombre de connexions simultanées constitueront une véritable révolution. Dans un premier temps, les quatre opérateurs télécoms devraient se déployer sur la portion de fréquences 3,5 GHz. Celle-ci sera bientôt mise aux enchères. Ensuite, à moyen terme, d’autres tranches du spectre disponible seront sans doute ouvertes. Notamment, celles des 26 GHz, 1,5 GHz, 700 MHz et 800 MHz. En 2025, d’après les prévisions de l’ARCEP, environ deux tiers des Français devraient avoir accès à la 5G.