Retraites : les fonctionnaires soumis à des écarts considérables

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Retraites : des calculs de pensions sans réelle logique.

Selon une récente étude réalisée par l’iFRAP, même dans la fonction publique, des calculs beaucoup trop variables conditionnent les montants des retraites finalement versées. Résultat, celles-ci se révèlent très inégales, alors que la base de calcul utilisée s’applique à des revenus similaires, pour une période d’activité identique. Ces différentiels importants s’expliquent par un faisceau considérable d’indemnités différentes. Leur nombre s’élève à pas moins de 1.851 variantes.

retraites-fonctionnaires-ecartsLe vieux débat concernant les inégalités en matière de retraites, entre les secteurs publics et privés, est connu pour être particulièrement sensible. Cependant, une analyse récente de l’iFRAP fait apparaître que les agents de la fonction publique subissent également de fortes disparités, pour un même nombre d’années de travail effectué. Le système opaque qui régit ce système de calculs des retraites favorise indéniablement des inégalités importantes.

 Pour démontrer ces inégalités, parfois considérables, la Fondation s’est appuyée sur un comparatif, établi à partir d’un échantillon de 1.358 personnes, nées en 1958. Elles avaient toutes accompli la totalité de leur carrière au sein de la fonction publique d’État, sans décote ni surcote. Le but de cette étude était de déterminer un montant médian de retraite chez les fonctionnaires, calculé à partir de leur dernier revenu d’activité. C’est en effet celui-ci qui détermine le montant de la retraite versée.

Les variations qui sont apparues lors de cette étude ont montré qu’elles révélaient des disparités évidentes. Elles étaient notamment causées par des taux de remplacements très variables, allant de 51 à 75 % du dernier salaire. Ce dernier pourcentage de remplacements est le plus élevé légalement autorisé par le régime des retraites de la fonction publique, toutes catégories confondues.

Cette étude a également démontré que le pourcentage représenté par les primes dans un salaire conditionnait aussi le montant de la retraite versée. Ce système fait qu’en touchant un montant brut moins élevé qu’un autre collègue, un employé de la fonction publique peut néanmoins percevoir une retraite plus généreuse, si le pourcentage de ses primes était faible. Les personnes travaillant dans le secteur de l’enseignement, dont les salaires intègrent peu de primes, sont ressorties comme les plus favorisées lorsqu’elles partent à la retraite.

La grille d’attribution de ces primes s’est révélée complexe, étant essentiellement basée sur les contraintes liées à une fonction donnée. Certaines de ces primes sont aussi conditionnées par la notion de performance au travail. D’autres primes se sont révélées inadaptées aux conditions réelles de travail, voire dépassées (prime de chauffage, etc.). De plus, elles étaient très variables en fonction des ministères concernés.

L’ensemble de ces données, parfois contestables, a mis à jour une grille de calculs illogiques, qui nécessiterait une réharmonisation pour être véritablement équitables.