SNCF : l’épineuse question de la reprise de la dette

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SNCF : un passif financier particulièrement lourd.

En s’engageant lundi dernier à reprendre une part importante de la dette considérable accumulée par la SNCF pour faire accepter sa réforme, le Gouvernement s’aventure dans un processus qui sera très difficile à supporter pour les finances publiques.

sncf-reprise-detteAvec un passif qui s’élève aujourd’hui à 47 milliards d’euros, le groupe SNCF Réseau doit impérativement trouver des moyens efficaces capables de le résorber.

Par ailleurs, il ne faut pas non plus oublier d’ajouter à ce bilan très négatif l’endettement de 8 milliards d’euros qui plombe parallèlement le bilan du groupe public SNCF Mobilités, qui gère actuellement la circulation ferroviaire du pays.

Malgré l’énormité des sommes dues, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, a néanmoins affirmé récemment, lors d’un passage sur France 2 : « […] D’ici la fin du quinquennat, nous pourrons envisager la reprise de la dette de la SNCF. »

Une affirmation également confirmée par Emmanuel Macron, alors qu’elle n’est pourtant pas exempte de risques, quand on mesure l’ampleur du gouffre financier accumulé. Celui-ci est d’ailleurs décrit par le Premier ministre Édouard Philippe comme une faille qui pourrait finir par « […] engloutir le système ».

La reprise de cette dette, identifiée comme un véritable péril, n’est toutefois pas présentée par l’exécutif comme un cadeau totalement altruiste, offert sans aucune contrepartie. Si son but est de résorber en partie la situation économique très préoccupante de la SNCF, il faut, pour que ce geste soit pris en charge par le Gouvernement, que la SNCF accepte d’abord d’être réformée.

Elle devra pour cela respecter le pacte ferroviaire dernièrement présenté par la ministre des Transports Élisabeth Borne, qui prévoit notamment d’ouvrir le marché ferroviaire français à la concurrence étrangère, dès 2019 pour les TER. Cette condition, requise au préalable, est impérative pour que la reprise de la dette soit assumée par le Gouvernement.

Une proposition actuellement considérée comme un « chantage » pur et simple par les syndicats de cheminots les plus durement engagés dans le mouvement de grève.