Stationnement payant pour les deux-roues : un débat sensible

0
253
stationnement-deux-roues-payant

Stationnement payant appliqué aux deux-roues : un sujet polémique.

Depuis le début du mois d’avril, à Vincennes et à Charenton-le-Pont, dans le Val-de-Marne, les mairies ont décidé de faire payer le stationnement aux deux-roues, estimant qu’ils occupaient l’espace public au même titre que les voitures. De leur côté, les motards ont vivement réagi en manifestant contre cette décision qu’ils jugent arbitraire.

stationnement-deux-roues-payantLa maire de Vincennes, deuxième ville la plus dense de France, Charlotte Libert-Albanel (UDI), a justifié son initiative en expliquant : « Les scooters et motos sont de plus en plus nombreux. » Ils occupent donc de plus en plus les trottoirs, d’une façon souvent jugée envahissante par les piétons. Face à ce problème, la commune a réagi en créant 800 places de parking payant, spécialement destinées aux deux-roues. Le tarif qui leur est appliqué est cependant inférieur à celui des voitures, puisqu’ils ne doivent s’acquitter que de 1,50 euros pour deux heures de stationnement, alors qu’elles coûtent 4,40 euros aux automobilistes. Une décision identique a été prise à Charenton-le-Pont, approuvée par son maire, Hervé Gickel. Celui-ci réclame notamment « […] davantage de civisme de la part des usagers des deux-roues », dont le comportement imprudent met parfois en danger les piétons.

La réaction des motards ne s’est pas fait attendre. Pour Jean-Marc Belotti, président de la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC), représentant Paris et sa proche banlieue, le stationnement gratuit des deux-roues est justifié, étant donné qu’ils occupent nettement moins de place qu’une voiture. De plus, il invoque que les deux-roues contribuent largement à fluidifier le trafic urbain, ce qui les rend utiles. Globalement, les utilisateurs de scooters et de motos s’insurgent contre une mesure qu’ils jugent répressive et incohérente, à un moment où les villes cherchent à encourager l’usage du vélo, afin de limiter la pollution et de désengorger le trafic urbain.

Pour l’instant, le stationnement payant pour les deux-roues est encore loin d’être adopté en France, certaines villes y étant opposées, souvent pour des raisons écologiques. Néanmoins, cette question, d’ordre social et financier, a soulevé un débat qui reste conflictuel. Ainsi, on peut être certain que les partisans de cette mesure n’ont pas fini de s’opposer à ceux qui sont contre.