Surveiller la reconnaissance faciale : les impératifs de la CNIL

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Actuellement, la reconnaissance faciale bénéficie d'algorithmes de plus en plus performants.

Surveiller la reconnaissance faciale : un encadrement préventif

Face au développement de la reconnaissance faciale, la CNIL souhaite lui donner un cadre strict. Ce, afin d’éviter tout excès dans ce domaine. Pour cela, la Commission indépendante préconise des tests préalables, avant tout nouvel usage.

Un principe de précaution

Dernièrement, on a pu observer que la reconnaissance faciale se banalisait. Par exemple, lors de l’installation de portiques de contrôle dans des lycées. Ou à l’occasion d’une surveillance digitale de grandes manifestations publiques (festivals, carnavals, etc.). De même, cette technologie sert désormais à fluidifier l’embarquement des voyageurs dans les aéroports. Enfin, on la retrouve dans de nouveaux gestes quotidiens. Comme le déblocage d’accès aux smartphones. Surveiller la reconnaissance faciale est donc devenu nécessaire.

Des expérimentations nécessaires

Consciente de cette montée en puissance, l’autorité de la CNIL demande des expérimentations en amont de ces nouveaux usages. Cette exigence va dans le même sens que les recommandations du secrétaire d’État au numérique, Cédric O. En effet, lui aussi a déclaré durant le mois d’octobre qu’il était favorable à des tests. Ce, afin que les « […] industriels progressent ». Ces contrôles devront notamment fournir un cadre juridique satisfaisant, autorisant à surveiller la reconnaissance faciale. De fait, cela sous-entend que cette technologie sera de plus en plus fréquente à l’avenir.

Une surveillance critiquée

Les exigences d’encadrement minimal réclamé par la CNIL pour surveiller la
reconnaissance faciale ne sont pas toujours les bienvenues. En effet, les réserves émises par la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, face à une philosophie trop sécuritaire, sont souvent critiquées par le monde politique. Par exemple, en octobre dernier, Christian Estrosi, Renaud Muselier et Éric Ciotti ont qualifié son attitude de « poussiéreuse ». Cette critique est apparue lorsque l’Autorité s’est opposé à l’application de la reconnaissance faciale à l’entrée des lycées.

Mieux encadrer le débat public

Surveiller la reconnaissance faciale est au coeur des préoccupations de la CNIL.
Surveiller la reconnaissance faciale est l’une des fonctions de la CNIL.

Le 15 novembre dernier, la CNIL a publié un document préventif. Celui-ci propose de fixer un cadre clair au débat public qui est en train de s’ouvrir pour surveiller la reconnaissance faciale. Ainsi, la Commission a rappelé son rôle de garde-fou dans la protection des données personnelles. En effet, sa mission est de veiller, en toute indépendance, à ce que l’informatique ne porte pas atteinte aux libertés, ni aux droits de la personne, ni à la vie privée. Ainsi, cette publication a rappelé les limites que la CNIL ne voulait pas franchir. Ce rappel intervient au moment où les techniques de reconnaissance faciale se perfectionnent grandement.

Des préoccupations d’actualité

Par ailleurs, les préoccupations de la CNIL font écho aux craintes soulevées par le système d’identification Alicem, voulu par le Gouvernement. Rappelons que ce dispositif de contrôle global doit permettre de se connecter aux divers sites du service public. De plus, les réserves émises par la CNIL se font entendre au moment où la vidéosurveillance et les connexions entre les caméras se développent fortement. De fait, la Commission de l’Informatique a bien précisé que « Tout n’est pas et ne sera pas permis en matière de reconnaissance faciale. » Evidemment, cette mise en garde s’applique au respect du Règlement Général sur la Protection des Données. Même si la CNIL précise que surveiller la reconnaissance faciale ne revient pas à « brider l’innovation technologique ».