Taxe foncière : les propriétaires sont fortement prélevés

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Taxe foncière : son poids s’alourdit au fil du temps

En analysant les fluctuations de la taxe foncière, on ne peut qu’observer sa fâcheuse tendance à augmenter. Ainsi, en dix ans, sa hausse moyenne sur le territoire a atteint les 35 %. Une situation qui assèche directement le pouvoir d’achat des propriétaires.

Un bond très conséquent

D’après les chiffres donnés par l’observatoire de l’Union Nationale des Propriétaires Immobiliers, en seulement cinq ans, entre 2013 et 2018, la hausse de la taxe foncière a frôlé une moyenne de 11 %. Ce qui revient environ à trois fois plus que l’inflation enregistrée pour cette même période. Pire, si l’on fait ce calcul en remontant dix ans en arrière, on s’aperçoit que cette augmentation a été quasiment de 38 %. Enfin, à Paris, sur cette même période de dix ans, l’augmentation de la taxe foncière a atteint un record. De fait, elle a progressé de 80 %, entre 2008 et 2018 ! Ce qui équivaut environ à l’équivalent d’un mois de loyer. Seule la commune de Bouqueval, dans le Val-d’Oise, a réussi a détrôner la Capitale, avec une hausse record de 197 % ! Par ailleurs, les baisses enregistrées restent très rares. Ce bref constat montre pourquoi de nombreux propriétaires vont mettre la main à la poche en faisant la grimace. Car, à l’évidence, les contribuables doivent s’acquitter d’un impôt qui pèse de plus en plus sur leur pouvoir d’achat. Et contrairement à une fausse idée reçue, cela n’est pas dû à la suppression de la taxe d’habitation.

Des augmentations qui freinent l’amélioration de l’habitat

Aujourdhui, les augmentations de taxe foncière inquiète de plus en plus de communes.
Prochainement, la refonte du système de calcul de la taxe foncière alimentera de nombreux débats.

Actuellement, la province est épargnée des hausses trop conséquentes de taxe foncière, constatées aujourd’hui dans les grandes villes. Ainsi, dans leur cas, cette progression moyenne ne représente comparativement qu’entre deux à trois mois de loyers. Voire six, dans les plus petites villes. Cependant, comme les propriétaires privés payent déjà 17,2 % de prélèvements sociaux sur les loyers, ils atteignent 35 à 40 % de prélèvement direct, avant même qu’ils aient réglé leur impôt sur le revenu. En définitive, cette ponction financière de la taxe foncière nuit considérablement à l’amélioration de l’habitat. Alors que par ailleurs, cette même amélioration est encouragée par des mesures d’aide à l’isolation thermique. Ce qui constitue un paradoxe.

Une inquiétude latente

En dehors des augmentations de taxe foncière déjà mises en place, la base actuelle des calculs de cette taxe inquiète beaucoup de propriétaires. En effet, cette base de référence date des années 70. Or, a priori, ce système de calculs devrait être révisé en 2026. C’est précisément cette future révision qui inquiète de nombreuses communes. Car elle pourrait entraîner de fortes hausses supplémentaires. A ce sujet, l’Union Nationale des Propriétaires Immobiliers a déjà signalé qu’en Isère, certains contribuables avait subi une augmentation de 40 % de leur taxe foncière. Cette refonte complète du système de taxe foncière sera sans doute discutée lors des prochaines élections municipales, en mars 2020. D’ailleurs, l’UNPI a déjà anticipé cette question. Ainsi, elle a demandé aux maires de France de ne pas augmenter leur fiscalité locale durant leur prochain mandat.