Trottinettes électriques : les déficients visuels ne leurs disent pas merci

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La nouvelle mode des trottinettes électriques cause une gêne réelle aux personnes handicapées.
Les trottinettes électriques, utilisées sur les trottoirs, entraînent de nouveaux risques.

Trottinettes électriques : des dangers supplémentaires

L’éclosion de nombreuses trottinettes électriques sur les trottoirs des grandes villes complique le quotidien des personnes à mobilité réduite et des déficients visuels. Leur stationnement anarchique entraîne une gêne réelle. A Lyon, cela a pris de telles proportions que le Comité Louis Braille a décidé d’intervenir.

Des obstacles en plus

Depuis plusieurs mois, les Nouveaux Véhicules Individuels Electriques fleurissent dans les rues et sur les trottoirs des métropoles. Dernières arrivées, les trottinettes électriques, proposées à la location. Elles ont la particularité d’être laissées n’importe où, sans qu’on doive les ranger dans un endroit dédié. Cette nouvelle pratique renforce les difficultés de déplacements de nombreux piétons. Surtout ceux qui sont malvoyants, ou dont la mobilité est réduite. Aujourd’hui, on estime qu’environ 500.000 Français seraient utilisateurs de ces trottinettes, séduits par ses avantages. Le problème est que ces petits véhicules s’additionnent aux obstacles, déjà nombreux, que doivent contourner les personnes déficientes visuelles. Idem pour les chiens d’aveugles, qui sont parfois effrayés par ces deux roues qui peuvent surgir quasiment sans faire de bruit. Cette nuisance affecte aussi les personnes qui se déplacent en fauteuil roulant.

Lyon : un cas d’école

Actuellement, la ville de Lyon permet à deux sociétés loueuses de trottinettes électriques de travailler dans son espace public. Or, une troisième devrait bientôt les rejoindre. Cette incursion renforcée sur les trottoirs entraîne de nouveaux risques de chocs et de chutes. Elle constitue une menace parfois directe pour les personnes aveugles. Au point que le Comité Louis Braille, représentant diverses associations spécialisées, a décidé d’intervenir auprès des collectivités locales. Ainsi, il a demandé par courrier qu’un arrêté municipal soit pris pour mieux encadrer l’usage de ces trottinettes. L’Association réclame notamment l’interdiction pour ces deux-roues électriques, tout comme pour les vélos, de stationner et de circuler sur les trottoirs.

Des accidents en hausse

Les trottinettes roulant sur les trottoirs compliquent les déplacements des personnes handicapées.
Les trottinettes sur les trottoirs présentent des dangers.

La nouvelle pratique urbaine liée aux trottinettes non-électriques, tolérées sur les trottoirs, aux rollers et aux hoverboards, n’est pas sans danger. En effet, en cinq ans, la Sécurité routière a dénombré à Lyon près de 1.400 accidents dus à ce type de véhicules. Pour l’année 2017, cela représente une hausse de 23 % de blessés. L’apparition de la version électrique de ces trottinettes, plus rapides, qui roulent à une vitesse entre 25 et 50 km/heure, engendre forcément de nouveaux risques. De plus, leur utilisation mal encadrée juridiquement fait craindre de futurs incidents. Par conséquent, une réglementation claire devient absolument nécessaire.

Un signe d’ouverture

A Lyon, ce 21 février, la société Lime qui commercialise des trottinettes électriques a répondu aux vives inquiétudes du Comité Louis Braille. En effet, ce loueur a informé l’Association que ces responsables étaient prêts à la rencontrer pour trouver avec elle une solution adaptée. A ce titre, une prochaine réunion a donc été planifiée. Elle devrait définir des règles plus claires et plus civiques, afin que les trottinettes ne soient plus une gêne en ville pour l’ensemble des piétons porteurs d’un handicap, notamment visuel.