Le Plan France Très Haut Débit est en bonne voie

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David-El-Fassy
David-El-Fassy

Un Plan qui coûtera  moins cher que prévu.

Altitude Infrastructure est une société qui participe au Plan France Très Haut Débit en déployant la fibre optique en France. Son Président Directeur Général, David El Fassy, nous a donné son sentiment sur l’avancée de ce chantier et nous a livré sa vision sur l’avenir des télécommunications, dominées par la technologie de la fibre.

Monsieur El Fassy, pouvez-vous nous présenter l’activité d’Altitude Infrastructure ?

David El Fassy : Notre société, composée de 170 collaborateurs, agit dans le cadre des Réseaux d’Initiative Publique (RIP). En matière de déploiement du Très Haut Débit, l’État a accepté que les opérateurs privés préemptent une partie du territoire, l’autre étant confiée aux collectivités locales. C’est sur ce dernier pan que nous agissons. Nous sommes un opérateur de RIP, qui exploite essentiellement la technologie de la fibre optique. Nous la déployons, l’exploitons et la commercialisons, en tant qu’opérateur d’opérateurs. Comme il faut pouvoir mixer les technologies pour satisfaire tous les besoins en Très Haut Débit, en plus de la fibre qui reste le cœur de notre métier, nous exploitons aussi des réseaux cuivre et les ondes radio sur d’autres parties du territoire. Pour nous décrire de façon simple et imagée, j’aime utiliser l’expression de « Rungis des Télécoms ». Cependant, à la différence de Rungis, nous ne négocions pas nos prix avec nos opérateurs, car nous avons l’obligation de pratiquer un tarif unique. Nous respectons en cela un article de loi qui spécifie qu’un RIP doit être « neutre et ouvert », ce qui garantit un marché sain.

Êtes-vous aujourd’hui en phase de croissance ?

Oui, clairement. Nous recrutons beaucoup actuellement, pour pouvoir respecter notre carnet de commandes de 1.200.000 prises à construire sur le territoire dans les prochaines années. Nous sommes donc créateur d’emplois, pour faire face à notre croissance rapide. L’objectif que nous nous sommes fixé se situe aux alentours des 3 millions de prises construites. Au niveau des collectivités locales, tous les appels d’offres devraient être attribués pour la fin de 2018, sur l’ensemble du territoire. Cela explique que nous recrutions intensivement. Lors de nos recrutements, nous n’embauchons qu’un ingénieur sur deux, afin de permettre une montée en compétences en interne via des formations. Cette conception de l’apprentissage est dans l’ADN du groupe Altitude depuis sa création. Nous aimons former nous-mêmes de jeunes collaborateurs. Notre moyenne d’âge actuelle est de 30 ans.

Altitude Infrastructure est-il en position de leader sur le marché, si l’on exclut les deux géants que sont Orange et SFR ?

Par rapport aux autres aménageurs numériques, Covage et Axione, nous sommes à peu près à égalité. Pour chiffrer notre activité, nous sommes tous dans un créneau se situant entre 800.000 et 2 millions de prises à construire. Nous sommes en tous cas parmi les leaders des opérateurs de RIP.

Pensez-vous que l’activité de votre filiale Wibox, votre fournisseur d’accès à Internet proposant une offre triple play, va encore s’amplifier ?

Wibox, que j’ai surnommé l’opérateur « poil à gratter », a été développé en 2010 pour que ne nous soyons pas dépendants d’Orange, SFR, Free, ou Bouygues Telecom pour fournir une offre de services aux usagers, comparable à celle des grands opérateurs. Cela nous a permis de nous démarquer des petits opérateurs qui avaient du mal à proposer ce genre de prestation. En parallèle, nous avons signé, en mars dernier, un partenariat ave Bouygues Telecom officialisant sa venue sur nos RIP. Depuis sa création, Wibox a bien grandi, ce qui nous permet d’avoir un taux de pénétration moyen aux alentours des 15 %, mais qui peut atteindre 60 % dans des communes qui ont une connexion ADSL de médiocre qualité. Aujourd’hui, l’avenir de Wibox reste modulable en fonction des opportunités qui se présenteront. Par exemple, nous avons eu le plaisir de conclure en début d’année un partenariat très intéressant avec OCS pour la diffusion de ses chaînes. À mon avis, cela montre que Wibox est destiné à durer.

Que pensez-vous de l’évolution du Plan France Très Haut Débit et du déploiement actuel de la fibre ?

Les dernières analyses montrent que cela va coûter moins cher que prévu en argent public. Il apparaît que suite aux récents appels d’offres, pour la majorité des collectivités, les subventions dont elles vont avoir besoin seront entre 2 et 5 fois moins importantes que les estimations initiales. Je pense donc que le coût des prises, à l’origine, a été surestimé. À ce sujet, je tiens à dire qu’il n’est pas difficile d’installer Internet dans les zones rurales. C’est une légende.

Pensez-vous que la technologie du cuivre va totalement disparaître, et que d’autres technologies pourraient la suivre ?

Pour le cuivre, oui, je le crois. Néanmoins, celui-ci a l’avantage de faciliter l’installation de la fibre, qui peut profiter du support sur lequel il a déjà été installé. Parallèlement, le marché de la technologie hertzienne va s’étendre, avec l’essor de la téléphonie mobile. L’avenir de la communication sera donc partagé entre la fibre et les technologies hertziennes performantes – la 4G et la 5G -, utilisées en complément.