Le second souffle du tourisme constaté en Île-de-France

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Une reprise très encourageante.

Le Vice-président de la région Île-de-France Othman Nasrou, en charge des affaires internationales et du tourisme depuis juillet 2016, nous a aimablement accordé un entretien dans lequel il nous a donné ses impressions sur la reprise du tourisme dans sa région. Il a également commenté les mesures prises par les élus pour dynamiser ce secteur professionnel.

Monsieur Nasrou, comment a été réparti le budget du tourisme à Paris pour l’année en cours ?

Othman Nasrou : Pour le secteur du tourisme, le budget qui a été adopté pour 2017 représente un effort total de 23 millions d’euros. Il traduit notre politique régionale qui est d’aller vers plus d’accueil, plus de services et plus de sécurité. Cette enveloppe conséquente fait de Paris la collectivité qui dispose, de loin, du plus gros budget en Île-de France. Pour l’année, celui-ci a été augmenté de 50 %. Par ailleurs, nous avons presque triplé le fonds de soutien que nous avons créé en faveur du secteur touristique. Il est en effet passé de 1 million à 2,7 millions. Cela nous a permis de lancer un plan de promotion, en lien avec l’État et la Ville de Paris, d’un total de 8 millions d’euros. Dès le début de notre mandat régional, nous avons rapidement compris que la situation de ce secteur professionnel allait être difficile, à cause du contexte très perturbant des attentats de novembre 2015. Il fallait que nous réagissions face à cet essoufflement. Nous nous sommes donc focalisés sur les points les plus stratégiques de l’activité touristique, afin que la destination conserve son 1er rang mondial en 2016.

Quelles actions avez-vous mises en place grâce à ce fonds de soutien ?

Nous avons notamment déployé les Volontaires du Tourisme, constitués de 200 jeunes, tous bilingues. Ce sont des étudiants en tourisme ou en langues dont la mission est d’améliorer l’accueil des visiteurs sur une trentaine de sites particulièrement connus. Nous avons aussi porté nos efforts au niveau linguistique, pour que la région devienne multilingue. Pour cela, nous avons budgété de nombreuses formations pour apprendre les langues étrangères. Cette initiative a aussi pour but de faciliter l’accueil des touristes internationaux. Cette amélioration va permettre d’optimiser notre façon de recevoir l’ensemble de nos visiteurs. Avec la présidente de la région Valérie Pécresse, nous avons observé qu’il y avait un réel besoin dans ce domaine. En plus des mesures que nous prenons pour améliorer la sécurité en général, nous faisons aussi en sorte de renforcer la sécurisation appliquée au tourisme. Pour vous donner un exemple concret, l’une de nos actions concerne le site très fréquenté de la cathédrale de Notre-Dame, où nous avons amélioré la sécurité des files d’attente. Une autre action qui nous tient à cœur est notre financement de commissariats mobiles, eux aussi très utiles et efficaces. Cette action est menée en partenariat avec le Ministère de l’Intérieur. Enfin, pour nous adapter au tourisme de demain, qui se modifie en profondeur, un effort prioritaire va être consacré à la modernisation et à la transition numérique.

Comment qualifieriez-vous l’utilisation qui est faite du budget du tourisme ?

Je la qualifierais de « combattive », car elle est centrée sur des priorités clairement définies, établies à partir d’un diagnostic réalisé avec les professionnels de cette activité. De manière positive, nous nous efforçons d’utiliser une situation de crise pour prendre des mesures efficaces, afin de conserver notre place de première destination du tourisme mondial.

En conclusion, pensez-vous que la période de crise du tourisme français soit aujourd’hui passée ?

Je serais d’un naturel plutôt prudent sur un sujet aussi complexe. J’aurais tendance à dire que nous sommes actuellement convalescents, plutôt que totalement guéris. Néanmoins, si nous nous basons sur les résultats enregistrés lors de la dernière semaine des fêtes de décembre de 2016, nous constatons qu’elle a été faste. Ce redémarrage de la fréquentation l’a fait revenir au niveau atteint avant les attentats. Le début de 2017 confirme cette reprise, y compris avec des nationalités qui avaient beaucoup freiné leur venue dans notre région. Si nous prenons l’exemple des touristes chinois, leurs séjours sont en train de revenir comparables aux volumes enregistrés en 2014. Ceci étant dit, malgré un retrait qui a été enrayé, il faut rester prudent. Néanmoins, je pense qu’aujourd’hui, les populations ont bien compris que cette menace était globale. Les touristes savent donc qu’un danger qui peut toucher Paris et l’Île-de-France concerne tout autant d’autres grandes capitales européennes.