Vidéosurveillance : une pratique à bien surveiller

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La vidéosurveillance suscite parfois des craintes.
Jusqu'où la vidéosurveillance peut-elle aller ?

Vidéosurveillance : un procédé en pleine croissance

La vidéosurveillance fait de plus en plus partie de notre quotidien. Surtout dans les métropoles. Cette éclosion va de pair avec la consommation d’images dans notre mode de vie. Les autorisations d’installations de caméras délivrées par les préfets montrent que plus de 6.000 communes en sont aujourd’hui équipées. Soit quinze fois plus qu’en 2006 ! Aujourd’hui, Nice, peuplée de 344.000 habitants, compte 2.145 caméras en activité sur la voie publique.

Un outil qui divise

L’utilité et les avantages de la vidéosurveillance s’appuient sur de nombreux points positifs. Entre autres, celui de jouer un rôle préventif. De fait, leur présence dissuade certains types de délinquance. De plus, dans les agglomérations ayant des effectifs policiers limités, des caméras peuvent compenser des manques sur le terrain. Néanmoins, cet outil de surveillance inquiète aussi. Fatalement, il entraîne des mouvements d’opposition. L’argument principal des « anti-caméras » est le risque d’atteinte à la vie privée et aux libertés individuelles. Ainsi, une dérive sécuritaire est parfois crainte. En début d’année, à Nice, un projet de caméras prévues dans les trams l’a montré. Les appareils prévus étaient dotés d’un système capable, soi-disant, d’analyser les émotions des voyageurs. A l’époque, ce projet avait soulevé l’indignation de l’antenne niçoise de la Ligue des droits de l’homme.

Des précautions préalables

Une commune qui veut installer des caméras sur la voie publique doit d’abord respecter des règles. La première est d’effectuer un audit de sécurité. La police nationale ou la gendarmerie doivent le réaliser. Ensuite,le préfet doit délivrer une autorisation. De plus, un avis émis par la Commission de vidéoprotection doit la valider. Le dossier qui l’accompagne doit démontrer que l’installation ne portera pas atteinte à la vie privée. Ainsi, ce dossier doit préciser l’emplacement des caméras prévues. Il doit aussi préciser leur technologie, leur nombre, etc. Enfin, ces caméras n’auront jamais le droit de filmer à l’intérieur d’appartements.

Visionnage et stockage des images

La durée de conservation des images vidéo enregistrées ne peut excéder un mois. Par ailleurs, leur visionnage, pour identifier un délit, nécessite l’aval d’un procureur ou d’un officier de la police judiciaire.

Des coûts élevés

Les coûts importants que représentent les installations de vidéosurveillance sont aussi un frein. Celui-ci est souvent évoqué par les communes. En effet, une caméra coûte, suivant les cas, en moyenne entre 8.000 et 15.000 €. Sans parler des frais de maintenance qui s’y ajoutent. De plus, les salaires versés aux agents embauchés pour regarder les vidéos augmentent encore ces coûts.

Quelle efficacité ?

Les caméras permettent-elles d'améliorer la sécurité ?

La vidéosurveillance progresse en France. Cela provoque des polémiques.Les plus farouches adversaires de la vidéosurveillance vont jusqu’à contester son efficacité réelle. Pour cela, ils argumentent sur le fait que de nombreuse agressions, notamment terroristes, ont eu lieu, malgré la présence de caméras sur les lieux. A l’évidence, les polémiques qu’engendre la prolifération de la vidéosurveillance sont loin d’être closes. D’ailleurs, elles transcendent souvent les clivages politiques. Jugées trop intrusives, ou au contraire rassurantes, les caméras, garantes de la sécurité publique, continuent d’avoir leurs partisans et leurs détracteurs.

Des évaluations demandées

En attendant, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, et la CNIL, la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés reçoivent régulièrement des plaintes concernant la vidéosurveillance. Par ailleurs, de nombreux élus réclament des estimations plus précises sur son efficacité. Enfin, un flou juridique persiste. Il concerne l’usage autorisé des images enregistrées. Tous ces facteurs contribuent à entretenir les polémiques. Jusqu’à présent, en France, la reconnaissance faciale est toujours interdite sur le territoire.