Villes moyennes : certaines trouvent l’énergie de résister

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Certaines villes moyennes réussissent à lutter contre la désertification.
Les villes moyennes offrent une excellente qualité de vie.

Villes moyennes : lutter contre la fragilisation

Beaucoup de villes moyennes souffrent actuellement de désertification. En grande partie, cela est dû à l’étalement urbain et à la désindustrialisation. Cet effet délétère, renforcé parfois par un retrait de l’État, a été durement constaté dans les territoires. Dans de nombreux cas, cette situation entraîne de réelles situations de crise. Celles-ci se manifestent par un abandon préoccupant de certains centres-villes. Mais quelques villes moyennes ont choisi de faire de la résistance. Pour réagir, la clé est de refuser de se sentir abandonnée.

Un Plan inadapté

Dernièrement, le Plan « Action Cœur de Ville », élaboré par le Gouvernement pour soutenir financièrement les villes moyennes, a montré son souci de les aider. Cependant, les pouvoirs publics n’ont pas tenu suffisamment compte de l’évolution des modes de vie. De plus, ce Plan a sous-estimé les responsabilités de la puissance publique au coeur des territoires. Notamment au niveau local. Enfin, ce Plan a souvent appliqué aux villes moyennes des schémas propres aux métropoles. Préserver des différences, caractéristiques des agglomérations de taille modeste, aurait été plus efficace. Cela aurait éviter de faire rentrer ces villes moyennes en compétition avec plus gros qu’elles. Un mauvais choix, si l’on voulait préserver leur bonne santé.

Des atouts à valoriser

La survie des villes moyennes reste un enjeu majeur.
Certaines villes moyennes réussissent à lutter contre la désertification.

Pour redynamiser les cœurs de villes moyennes, il faut tenir compte de leurs atouts. L’un des principaux est d’offrir un cadre de vie à taille humaine. Une aspiration croissante, recherchée par de nombreux citadins, lassés des métropoles. Plus apaisées, riches d’une hospitalité attirante, les villes moyennes ont leur carte à jouer dans ce domaine. En effet, moins polluées et moins stressantes, leur absence de compétitivité constitue en fait pour elles un réel avantage. Ainsi, elles ont de quoi séduire de nouveaux habitants. Surtout lorsqu’elles sont situées à distance raisonnable de très grandes villes proches. L’exemple de Cahors, dans le Lot, est l’un des exemples qui montre que cet atout fonctionne.

Un idéal d’égalité fantasmé 

Pour parvenir à une réelle égalité des territoires, la croissance des métropoles ne doit pas être freinée. Ainsi, celles-ci resteront compétitives au niveau international. Il ne faut pas non plus oublier que les villes de forte densité redistribuent déjà beaucoup aux territoires moins peuplés. En effet, leurs contributions restent très élevées en France. Ainsi, différentes études économiques montrent que l’Île-de-France, en 2012, redistribuait déjà 5 % de son budget en province. Soit, environ 25 milliards d’euros. Malgré cela, l’idéal selon lequel chaque citoyen pourrait bénéficier des mêmes services partout en France, pour un même coût, restera sans doute un voeu pieux. D’ailleurs, de nombreux économistes jugent cet objectif irréaliste. Aujourd’hui, il faut aussi admettre qu’il est irréalisable. Ce qui ne doit pas empêcher les villes moyennes de réagir et de se battre pour leur survie.

Le Bulletin des Communes suggère aussi de lire l’article de Libération :