Voyages en avion : des restrictions et des suppressions envisagées

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Des restrictions sur certains voyages en avion pourraient être votées.
Le secteur aérien est critiqué pour son rôle dans les émissions de CO2.

Voyages en avion : les vols intérieurs français remis en cause

Les voyages en avion de courte durée, effectués sur des vols intérieurs, pourraient bientôt être limités en France. A la place, iIs pourraient être remplacés par des voyages en train. Cette mesure permettrait de limiter les émissions de CO2. Dans ce but, le député François Ruffin (LFI) a déposé un amendement à la loi sur les Mobilités. Ce texte demande l’interdiction des vols intérieurs pour des trajets inférieurs à 2h30.

Un mouvement international contre les voyages en avion

Ces derniers temps, les voyages en avion n’ont pas bonne réputation. Certains écologistes leur reprochent d’aggraver l’effet de serre sur la planète, alors qu’ils pensent qu’on pourrait limiter leur fréquence. Cette tendance contre les voyages en avion est particulièrement visible en Suède. En effet, un mouvement suédois, baptisé « Flygskam », qu’on pourrait traduire par « La honte de prendre l’avion », y prône un réel boycott. Ce mouvement veut privilégier les déplacements terrestres, afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre. Dans son amendement, le député François Ruffin défend l’objectif de ne dépasser une hausse de température de 1,5° C. Pour cela, il explique que « […] les émissions de CO2 doivent baisser d’au moins 55 % d’ici 2030. Ces objectifs sont incompatibles avec la croissance du transport aérien, ni même avec son maintien […] ». Pour aller plus loin, il affirme « La liberté de voyager n’est pas la liberté de polluer. » Son texte est soutenu par une quinzaine de députés. Notamment Delphine Batho, ex-ministre de l’Ecologie.

Vive réaction du secteur aérien 

Le secteur aérien est responsable d'une forte proportion des émissions de C02.
Les voyages en avion sont fortement critiqués pour leur responsabilité dans l’aggravation de l’effet de serre.

Evidemment, la perspective d’une décroissance mondiale des vols commerciaux inquiète les professionnels de ce secteur. Ainsi, certains experts aéronautiques n’ont pas hésité à qualifier cette stratégie environnementale d’« impossible à appliquer », voire de « ridicule ». En effet, ils expliquent qu’une telle mesure signerait l’arrêt de mort de nombreuses compagnies, y compris d’Air France. De plus, remplacer de très nombreux vols par des voyages en train serait totalement impossible, car irréalisable sur le plan pratique. Par ailleurs, ces mêmes professionnels rappellent que la filière aéronautique génère 100.000 emplois directs. Enfin, grâce notamment à Airbus, ce secteur a permis en 2018 à la France d’engranger plus de 57 milliards d’euros à l’export.

L’option d’une taxe kérosène

En attendant, l’ONG Réseau Action Climat a calculé que le CO2 rejeté par les voyages en avion s’ajoutait aux émissions d’oxyde d’azote en altitude. De fait, cette production a pour effet d’augmenter la concentration de l’ozone (O3) et du méthane (CH4). Ainsi, par son action, le transport aérien serait « […] à l’origine de 4,9 % du réchauffement climatique mondial. » Comparativement, pour un même trajet, un voyage en train peut émettre jusqu’à 50 fois moins de CO2 qu’un voyage aérien. En réponse à ce phénomène, Bruxelles envisagerait de mettre en place une taxe kérosène, pour limiter les voyages en avion. Cela, dans les 28 pays de l’Union européenne.